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affiche The Northman

The Northman

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Un film de Robert Eggers,
Avec Alexander Skarsgård, Nicole Kidman, Claes Bang ,

Genre : Historique
Durée : 2h16
États-Unis

En Bref

C’est au cœur des forêts que sommeillent nos démons ancestraux. Ils gémissent et s’avancent sur terre. Ils marchent au cœur des vertes collines, aux horizons rougeoyants de la colère d’un volcan. La vague hurlante se fracasse sur la pierre des rochers, mémoire du monde. C’est un jeune enfant, un prince déchu de son royaume par son oncle. Amleth avance solitaire au cœur de la multitude, paré des couleurs de la nuit et du sang de ses ennemis. La colère et la peur l’accompagnent comme deux chiens fidèles. C’est l’heure de la vengeance, cri perçant la nuit comme un hurlement de loup meurtri réclamant son royaume. La lueur de la lune et une sorcière des bois de bouleaux le réveillent d’un sommeil profond aux rêves de vengeance. Il y eut un premier jour sous les flocons de neige. Un enfant innocent assiste à la mort de son père et à la destruction de son village. Amleth devient un prince sans royaume, un héritier volé par son oncle.

Il pleure la mère prisonnière de cet homme rustre et sans âme. Amleth grandit dans un monde de violence, un chant ancien né des paysages torturés du Nord. Il se transforme en Berserk, guerrier fauve nourri d’une fureur sacrée, abreuvé de sang et de mort. Il surgit des entrailles de la nuit, esclave prisonnier de sa propre violence qui l’inonde d’un chant divin remontant aux origines, sous l’arbre Yggdrasil. Amleth devient esclave pour rejoindre les terres islandaises de son oncle. Il s’éprend d’Olga, une autre esclave, aux pouvoirs de sorcière. Ils reconstruisent un semblant de famille. Sa vengeance est bien plus tenace, comme une plaie encore saignante. C’est ici qu’il croise la voix profonde d’un chamane lui rappelant son destin. Il devra trouver l’épée sacrée, son Excalibur, guidant son bras. La nuit devient son royaume et la lune, sa torche de feu argentée. C’est l’heure de la terreur et de l’expiation. Il ignore encore que son âme ne sortira peut-être pas indemne du brasier qu’il vient d’allumer.  


Avec la fin de la série Viking dans une cinquième saison brillante, les guerriers du Nord ont le vent en poupe. Après Witch, la sorcellerie au cœur de la colonisation confrontée à la sorcellerie qu’elle transporte dans ses bagages. On n’échappe pas à son destin. The Lighthouse est une variation lovecraftienne, sur une île perdue et deux gardiens de phare confrontés aux créatures marines. On n’échappe pas à son destin. Ces deux films racontent le combat de l’homme contre la nature, nourri par les mythes des origines et la sorcellerie. C’est dans le boisseau du premier arbre éclairé par le premier feu que naissent les projets de Robert Eggers. Il trace une ligne des profondeurs de la nuit ou gît notre inconscient nourri aux sons des légendes d’autrefois. La sorcière, femme mythique, revient, fille du diable, de la nature, en osmose avec l’univers. Les rois et leurs guerriers ouvrent une voie nouvelle, pensant échapper à sa nature profonde. Une fois de plus, nous retrouvons la colonisation et les mythes confrontés à un monde moderne.

Dans The Northman, ce sont ces colons en quête d’un autre territoire vierge. Les Berserks, nourrissant la terre du sang des victimes. Ils sont fils d’Odin, chamans, guerriers en extase de violence, souvent considérés comme des demi-dieux vêtus d’une unique peau d’ours ou de loup. Ils vivent à la frontière de la vie et de la mort. Les traditions nordiques et russes se rencontrent pour enfanter le nouveau monde. Le mythe imprègne tout le film avec la volonté de rester fidèle à l’histoire. C’est un univers de violence et de vengeance, le fils du dieu unique sacrifié sur la croix n’a pas encore fait son apparition. C’est la nature sauvage qui reste encore la meneuse du destin des hommes. L’histoire commence au cœur des forêts profondes pour éclater dans les paysages des débuts, épousailles du feu et de la glace sur les vertes prairies. La mer se fracasse sur la terre, hurle dans les voiles des marins audacieux, parfois avalés par l’océan.

Tout est à l’état pur, sans décorum, sans ors et vermeille pour orner aucun temple. Les maisons se noient dans la terre dans une volonté de retourner au premier souffle du monde. La première séquence résume ce qui suivra, la violence d’un roi et d’un frère jaloux. C’est l’innocence de l’enfance avalant la neige blanche qui tombe, découvrant la mort des siens. C’est la vengeance si profonde que même l’amour ne peut la guérir. Les corps se couvrent de sang, étalent leur nudité, les loups hurlent et le volcan gronde. La mise en scène ressemble à son contenu, rude, sans décorum ni baroque flamboyant, pour épouser la tragédie. C’est le souffle du premier dragon aux images sans concession éclaboussant l’écran.

Nous retrouvons les mêmes thématiques, la nature confrontée à l’humain, les éléments sauvages, tempêtes, forêts profondes, montagnes de feu, prairies et glaciers. Feu, glace, bois des navires, métal des épées, terre des tombeaux, grotte des esprits anciens, pierres qui nourrissent le récit de leur symbolique. La nuit est souvent la compagne de la saga. Le jour dévoile les malheurs apportés par les créatures des ténèbres. Cette histoire inspira plus tard un certain William Shakespeare et les mythes, un certain Lovecraft. Il est à noter que le jeune Robert Eggers a lui aussi foulé les territoires de la Nouvelle-Angleterre. The Northman est un récit magnifique, à l’état brut, dans sa mise en scène et sa narration.

 Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
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Sous-titres :
Edition :


    Titre original : The Northman

    Titre québécois : L’Homme du Nord

    Réalisation : Robert Eggers

    Scénario : Robert Eggers et Sjón

    Musique : Robin Carolan et Sebastian Gainsborough

    Direction artistique : Robert Cowper, Paul Ghirardani, Christine McDonagh, John Merry et Hauke Richter

    Décors : Craig Lathrop

    Costumes : Linda Muir

    Montage : Louise Ford

    Photographie : Jarin Blaschke

    Production : Robert Eggers, Mark Huffam, Lars Knudsen, Arnon Milchan et Alexander Skarsgård

    Production déléguée : Thomas Benski, Sam Hanson, Yariv Milchan et Michael Schaefer

    Société de production : New Regency Pictures

    Sociétés de distribution : Focus Features (États-Unis) ; Universal Pictures (France)

    Pays de production : États-Unis / Royaume-Uni

    Langue originale : anglais

    Format : couleur

    Genres : aventure, historique, action

    Durée : 136 minutes

    Dates de sortie : 11 mai 2022

    Classification : Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement lors de sa sortie en salle.

Distribution

    Alexander Skarsgård (VF : Gilduin Tissier) : Amleth

    Nicole Kidman (VF : Danièle Douet) : la reine Gudrun, mère de Amleth

    Anya Taylor-Joy (VF : Audrey Sourdive) : Olga

    Willem Dafoe (VF : Éric Herson-Macarel) : Heimir le fou

    Ethan Hawke (VF : Jean-Pierre Michaël) : le roi Horwendil, père de Amleth

    Björk (VF : Nathalie Homs) : Seeress, la sorcière slave

    Claes Bang (VF : Julien Meunier) : Fjölnir, le frère du roi Horwendil

    Gustav Lindh (VF : Gauthier Battoue) : Thorir, le fier

    Kate Dickie : Halldora le Picte

    Ian Gerard Whyte : Thorvaldr

    Murray McArthur : Hakon

    Olwen Fouéré : Ashildur Hofgythja

    Ísadóra Bjarkardóttir Barney

    Rebecca Ineson : Halla the Maiden

    Tadhg Murphy (VF : Philippe Bozo) : Eirikr Blaze-Eye

    Ian Whyte : habitant de la butte

    Gustav Lindh : Thorir

    Ingvar Sigurdsson : le sorcier

    Jon Campling : porte-étendard

    Katie Pattinson : une skjaldmö

    Murray McArthur : Hákon Iron-Beard

    Phill Martin (VF : Raphaël Anciaux) : Hallgrimr, le demi-troll

    Olwen Fouéré (VF : Cathy Cerda) : Ashildur Hofgythja

    Eldar Skar (VF : Laurent Maurel) : Finnr

    James Harper-Jones : Vasill

    Ian Gerard Whyte : Thorvaldr

    Luca Evans : Ivan

    Magne Osnes : Berserker Priest

    Faoileann Cunningham : Kormlöth

    Jonas Lorentzen : Eysteinn

    Lily Bird : Maiden King

    Jack Walsh : Hallur Freymundur

    Elliott Rose (VF : Lucille Boudonnat) : Gunnar

    Seamus O'Hara (VF : Günther Germain) : Audunn

    Oscar Novak (VF : Adrien Dussaiwoir) : Amleth, jeune

    Ralph Ineson (VF : Michel Vigné) : le capitaine Volodymyr

    Jack Gassmann : Hjalti

    Kevin Horsham : Völundur the Smith

    Edgar Abram : Hersveinn Battle-Hard