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affiche Le Dernier Duel

Le Dernier Duel

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Un film de Ridley Scott,
Avec Matt Damon, Adam Driver, Jodie Comer,

Genre : Chronique historique
Durée : 2h33
États-Unis

En Bref

Nous sommes en 1386 sous le règne du jeune roi Charles VI. La tourmente de la guerre de Cent Ans entre les Français et les Anglais n’est pas achevée. Il faudra attendre pour voir la petite bergère conduire les troupes aux portes d’Orléans. Parfois défaite, parfois victoire, le balancier des batailles bat son plein. C’est dans ce climat que l’amitié entre Jean de Carrouges et Jacques Le Gris se transforme peu à peu en inimitié, faite de rancunes, de jalousies et de rivalités et fait grimper le mercure au thermomètre de la haine. Des terres promises à Jean de Carrouges cédées à son rival n’apaisent guère les tensions entre les deux chevaliers. Jean de Carrouges, de retour d’une dernière bataille en Ecosse, est en froid avec son seigneur. Ce dernier soutient Jacques Le Gris. Jean se rend à Paris pour toucher sa solde. Laissée seule au château, Marguerite de Carrouges accuse Jacques Le Gris de l’avoir violée. Jean de Carrouges porte l’affaire devant le roi. Le parlement de Paris lui accorde le jugement de Dieu, au vainqueur la vérité de son plaidoyer et au vaincu, la mort. Les voies du seigneur sont impénétrables. Qui ment et qui dit vrai ?


Ridley Scott s’appuie sur l’essai d’Éric Jager, historien américain très documenté Le dernier duel éditions Flammarion. On s’accorde à penser que le Moyen Age ne s’achève pas à la guerre de Cent Ans mais à la prise de Constantinople en 1453, marquant la fin de l’Empire romain d’Orient, sous le règne de Louis XI. On peut penser que cette histoire annonce le début de la fin d’une époque que les historiens redécouvrent. Pour reconstituer l’époque et le lieu du tournoi, Ridley Scott s’appuie sur des documents écrits et des gravures de l’époque. C’est un cinéma-vérité montrant une période sanglante, laissant peu de place aux femmes et à un roi qui doit encore composer avec les puissants seigneurs. Charles VI, dit le Bien Aimé et plus tard le Roi Fou, alterne sur sa fin de règne entre des périodes de folie et de lucidité. Il a hérité de son père un royaume de France stable, reconquis presque en son entier. C’est une histoire de rivalité, d’honneur et de jalousie que déploie le film. Jean de Carrouges fait ses premières armes d’écuyer sous la tutelle de Bertrand du Guesclin.

Nous le découvrons en pleine ascension grâce à ses faits d’armes avec, pour ami fidèle, Jacques Le Gris. Ce dernier est le favori du duc d’Alençon, son seigneur, qui n’apprécie pas Jean de Carrouges. Peu à peu, l’inimitié grandit entre les deux hommes, frôlant la haine quand des biens destinés à Jean sont donnés à son rival. Le viol de sa femme, Marguerite de Carrouges, est le prétexte pour en finir devant dieu entre les deux hommes, pour l’honneur et le pouvoir. Car derrière cette histoire se cachent le début des changements qui conduiront à la Renaissance. Les cercles d’influence bougent. Celle des petits seigneurs se fait à travers les grands seigneurs. La France prend forme, les idées évoluent. Ridley Scott choisit de nous faire découvrir l’histoire sous trois angles différents, trois portraits de l’époque. Le chevalier Jean de Carrouges, entier, courageux, batailleur, accroché à l’honneur, monte les échelons par ses faits d’armes. Jacques Le Gris est plus dans la diplomatie, les compromis, il annonce l’homme de cour de demain. Marguerite de Carrouges incarne le portrait de la femme au Moyen Age, pas si soumise, responsable du domaine quand son mari part à la guerre.

Le film repose aussi sur une reconstitution fidèle, nous dévoilant une arène impressionnante pour le dernier duel, des décors, un quotidien difficile, tourné en Dordogne. Ce n’est pas loin de Sarlat, lieu du prochain festival du film de Sarlat pour les lycéens en option bac cinéma. Nous pourrons tisser quelques liens entre Les duellistes du même Ridley Scott et Le dernier duel, la même rivalité et intimitié entre les deux hommes. C’est aussi, dans les deux cas, le portrait d’une époque, le Moyen Age pour Le dernier duel et les guerres napoléoniennes pour Les duellistes. Une fois de plus, Ridley Scott nous entraine à la découverte d’un autre monde à travers ce jugement de dieu, entre guerre, religion, pouvoir et amour.

Patrick Van Langhenhoven 

Note du support : n/a
Support vidéo :
Langues Audio :
Sous-titres :
Edition :


Titre original : The Last Duel

    Titre français : Le Dernier Duel

    Réalisation : Ridley Scott

    Scénario : Ben Affleck, Matt Damon et Nicole Holofcener, d'après le roman Le Dernier Duel : Paris, 29 décembre 1386 d'Eric Jager

    Musique : Harry Gregson-Williams

    Direction artistique : Stéphane Cressend et Cristina Onori

    Décors : Arthur Max

    Photographie : Dariusz Wolski

    Montage : Claire Simpson

    Production : Jennifer Fox, Ridley Scott, Nicole Holofcener et Kevin J. Walsh

        Production déléguée : Ben Affleck, Madison Ainley, Matt Damon, Kevin Halloran et Drew Vinton

        Production associée : Sasha Veneziano

        Coproduction : Aidan Elliott

    Sociétés de production : 20th Century Studios, TSG Entertainment et Scott Free Productions

    Société de distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures (États-Unis, Royaume-Uni et France)

    Pays de production : États-Unis, Royaume-Uni

    Langue originale : anglais

    Format : couleur — 2,35:1

    Durée : 152 minutes

    Genre : drame historique

    Dates de sortie :13 octobre 2021   

    Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement lors de sa sortie en France

Distribution

    Matt Damon : Jean de Carrouges

    Adam Driver : Jacques Le Gris

    Jodie Comer : Marguerite de Carrouges

    Ben Affleck : le comte Pierre II d'Alençon

    Harriet Walter : Nicole de Buchard

    Nathaniel Parker : Robert de Thibouville

    Sam Hazeldine : Thomin du Bois

    Michael McElhatton : Bernard Latour

    Caoimhe O'Malley (VF : Elsa Davoine) : Elizabeth

    Aoibhín Murphy : Béatrice4

    Tallulah Haddon (en) (VF : Amélie Porteu de la Morandière) : Marie5

    Zoé Bruneau : Marie Chamallart

    Alex Lawther : le roi Charles VI

    Marton Csokas : Crespin

    William Houston : Herald

    Clive Russell : l'oncle du roi

    Paul Bandey : un prêtre

    Željko Ivanek : Le Coq

    Adam Nagaitis : Adam Louvel

    Bosco Hogan : le prêtre

    Clare Dunne : Ceila