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affiche sorties du 9 juin 2021

sorties du 9 juin 2021

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Genre : Ciné région

L'Actu

« Conjuring 3 : sous l’emprise du diable  » (1h45) de Michael Chaves

Les chasseurs de fantômes, les époux Ed et Lorraine Warren, sont de retour. L’histoire débute au tout début des années 80, par l’exorcisme du jeune David, huit ans. Bruno, le fiancé de sa sœur, assiste à la scène et peu de temps plus tard commet un crime. Une malédiction, une enquête, un clin d’œil à « L’exorciste » de William Friedkin, quelques belles idées visuelles sont au programme de ce troisième opus, qui s’inscrit dans l’univers « Conjuring » composé des dossiers Warren, « Annabelle », « La nonne » et « La malédiction de la dame blanche ». Les scénaristes de la franchise ont encore de beaux jours devant eux, le couple ayant résolu quelques milliers de cas !

« 200 mètres » (1h37) d’Ameen Nayfeth

Mustafa (Ali Suliman) est marié à Salwa (Lana Zreik), pourtant ils vivent séparés par convenance et surtout par un mur. Lui a choisi de rester en Cisjordanie et sa femme et leurs trois enfants vivent en Israël, avec la nationalité israélienne. Ils ont organisé leur vie ainsi et peuvent se voir d’un immeuble à l’autre. Le soir venu, ils allument des guirlandes. A vol d’oiseau, 200 mètres seulement les séparent. Afin de retrouver au plus vite son fils hospitalisé, Mustafa (qui n’a plus de papiers en règle) doit attendre le bon vouloir de passeurs. Ce premier long métrage d’Ameen Nayfeh nous embarque dans un road-movie angoissant, parsemé de checkpoints, de rencontres avec des clandestins inquiétants… Sans verser dans le film politique, le réalisateur pointe du doigt l’absurdité de ce mur haut de huit mètres, qui à l’origine n’avait qu’une fonction temporaire.

« Le discours » (1h28) de Laurent Tirard / Label Cannes 2020

Longtemps considéré comme inadaptable, « Le discours » du romancier Fabcaro, a finalement été transposé à l’écran par Laurent Tirad (« Le petit Nicolas »). Le fil conducteur est simple, Ludo (Kyan Khojandi), le futur beau-frère d’Adrien (Benjamin Lavernhe), lui demande de faire un discours pour leur mariage. L’histoire se situe pendant un repas familial et le spectateur est soit transposé dans des scènes de flash-back, soit dans un futur changeant au gré de l’humeur de notre héros. Héros qui n’hésite pas à parler à la caméra, donc au spectateur, se dédoublant à l’occasion, dans un monologue où ses partenaires sont réellement mis sur pause. Situations cocasses que l’on a tous vécues, les dîners qui tournent autour des mêmes sujets, des scènes plus romantiques avec un arbre à messages, le tout servi par un excellent Benjamin Lavernhe, à la fois lâche mais attendrissant.

« Juliana » (1h34) d’Alejandro Legaspi et Fernando Espinoza

Le père de Juliana est mort, sa mère s’est remariée et a deux enfants. Son beau-père, violent et accessoirement plombier, en fait le moins possible et Juliana lui sert de bonne. Elle, elle rêve de rejoindre son petit frère, qui a été recueilli par Don Pedro. Ce dernier n’acceptant que des garçons dans son groupe, elle se coupe les cheveux et devient Julian. Elle fait sa place dans une mini Cour des Miracles, composée uniquement de jeunes garçons. Ainsi les gamins doivent-ils rapporter de l’argent en chantant dans les bus de la capitale. Découvert au Festival du Film de Biarritz en 1988, le film est sorti au Pérou en 1989. Il sort pour la première fois en salle en France. Si le film nous plonge dans les conditions de vie miséreuse de Lima, il nous offre de l’espoir dans la débrouillardise des mômes, mais aussi dans leurs chansons et leurs sourires.

« Nomadland » (1h48) de Chloé Zhao

Chloé Zhao a non seulement adapté le livre de Jessica Bruder « Nomadland : Surviving America in the twenty-first century », mais elle a également réalisé et monté le film. Film qui a raflé le Lion d’Or lors de la  77ème Mostra de Venise, le prix du public à Toronto, deux Golden Globe (meilleur film et réalisation) et trois Oscars majeurs (meilleur film, meilleure réalisation, meilleure actrice). Prix ô combien mérités. L’histoire c’est celle de Fern (Frances McDormand), sexagénaire, récemment veuve, qui ayant tout perdu suite à la crise économique part sur les routes de l’Ouest, dans son van. Pour vivre, elle accepte toute sorte de petits boulots saisonniers, durs et mal payés. Une histoire de rencontres avec d’autres nomades, d’entraide, de solidarité qui fait chaud au cœur. Pas loin du documentaire (les acteurs sont presque tous des non-professionnels), Chloé Zhao dresse un portrait émouvant et touchant d’une autre partie de l’Amérique, laissée sur le bord de la route mais riche d’humanité.

Voir aussi la grande critique de notre ami Patrick Langhenhoven.

« L’oubli que nous serons » (2h15) de Fernando Trueba / Label Cannes 2020

« Nous voilà devenus l’oubli que nous serons… », c’est ce magnifique sonnet attribué à Jorge Luis Borges, qui a donné le titre au film du réalisateur espagnol Fernando Trueba. Adaptation fidèle du roman d’Hector Abad, « El olvido que seremos », paru en 2006 en Colombie. Hector Abad y retranscrit l’histoire de son père Hector Abad Gomez, médecin spécialiste en santé publique et également défenseur des droits de l’homme, assassiné en pleine rue à Medellin en 1987. Hormis l’histoire d’un homme qui lutta toute sa vie contre les inégalités sociales, pour que l’eau potable soit accessible à tous, qui fut actif dans les campagnes de vaccination antipolio… c’est aussi l’histoire d’un mari, d’un père de famille de cinq filles et un garçon. Et c’est à travers les yeux admiratifs de son fils que l’on découvre cet homme exemplaire et qui nous donne à voir parmi les plus belles scènes du film. Une image positive d’un homme bon et humain, brillamment interprété par l’espagnol Javier Camara.

« Un printemps à Hong Kong » (1h32) de Ray Yeung

Pak (Tai Bo) et Hoi (Ben Yuen) ne sont plus tout jeunes, ils ont fondé chacun de leur côté une famille. Le hasard d’une rencontre va les rapprocher et les porter vers une passion amoureuse. Situation difficile lorsque l’on est père de famille et que personne n’est au courant. Comme des amoureux ils font leur marché, cuisinent, s’embrassent sur le canapé avec en arrière fond une musique sirupeuse, mais se cachent encore et toujours, l’un de sa femme, l’autre de son fils. Un film tout en retenue, évoquant la condition des gays à Hong Kong, contraints de gommer leur préférence sexuelle toute leur vie, voire de se marier pour se conformer à l’ordre social établi.

Et aussi :

 « L’instant présent » (1h23) de et avec Florian Hessique

 « Le père de Nafi » (1h30) de Mamadou

 Documentaire :

 « 17 blocks» (1h35) de Davy Rothbart

 « The last Hill Billy » (1h20) de Diane Sara Bouzgarrou et Thomas Jenkoe

 « Reset  » (1h25) de Thierry Donard

Véronique Regoudy-Bazaia