Festival Kinotayo : présentation et palmarès

Le festival Kinotayo, dédié au cinéma japonais contemporain, s'est ouvert le mardi 8 novembre dernier avec la projection en avant-première du nouveau film de Naomi Kawase, Hanezu, un voyage poétique et austère dans la région de Asuka, présenté en compétition lors du dernier Festival de Cannes. Il fait également partie des candidats pour l'attribution du Soleil d'Or pour cette nouvelle édition, avec cinq autres longs-métrages récents et inédits en France : Into The White Night de Yoshihiro Fukagawa, un film noir à l'atmosphère étrange ; Love and Treachery de Hitoshi Yazaki, histoire d'amour entre un homme à la vie apparemment parfaite et la maîtresse d'un écrivain reconnu ; My Wife de Yukinari Hanawa, d'après l'histoire vraie d'un couple qui traverse le Japon alors que l'épouse meurt d'un cancer ; When I Kill Myself de Ryo Nakajima, film d'anticipation sur la gestion bien particulière du suicide des jeunes et Someday de Junji Sakamoto. Ce dernier sera l'occasion de rendre hommage au très grand acteur Yoshio Harada, décédé en juillet dernier à l'âge de 71 ans et qui a marqué le cinéma japonais de ces quarante dernières années. Remarqué chez Koji Wakamatsu ou Kore-Eda Hirokazu ( le grand-père de Still Walking ), il a tourné jusqu'au bout dans cet hommage à l'art du kabuki et est entouré d'autres grands noms, comme Renji Ishibashi, déjà son partenaire dans L'Assassinat de Ryoma ( 1974 ) et revu récemment dans Outrage de Takeshi Kitano, ainsi que de Rentaro Mikuni, acteur principal de La Harpe de Birmanie ( 1956 ) de Kon Ichikawa.
PHOTOS : " Hanezu " ; " Someday " avec Yoshio Harada ; " When I Kill myself "

À l'exception de Naomi Kawase et de Junji Sakamoto, les réalisateurs de ces films seront présents, ainsi que Sion Sono et son actrice Megumi Kagurazaka pour accompagner Guilty of Romance avec ses belles saucisses et Cold Fish avec son beau poisson. Un cinéaste unique à découvrir qui devrait marquer le cinéma des prochaines années dont on ne peut qu'espérer le voir un jour en compétition au Festival de Cannes.
Venise l'a déjà accueilli cette année avec Himizu. Une sélection de films primés ces dernières années sera également proposée. À l'exception du moyen-métrage Le Labyrinthe d'Herbes de Shuji Terayama qui date du début des années 80, tous les films sont des films très récents, le projet du Festival étant de soutenir la création d'aujourd'hui.
Ce film fut présenté dans le cadre d'un hommage à Mme Hiroko Govaers, qui a contribué à rendre plus visible le cinéma de son pays. Dans sa présentation, Nolwenn Le Minez a rappelé le parcours d'une cinéphile méconnue mais indispensable. Elle s'était d'ailleurs occupée des sous-titres de ce film expérimental et son engagement a contribué à la visibilité croissante d'une cinématographie qui était limitée à quelques grands noms alors, Akira Kurosawa en tête.

Décédée en 2007, elle était arrivée en France en 1962 comme étudiante et pendant près de cinquante ans n'a jamais faibli dans son engagement. Si son intérêt pour le cinéma classique était réel, sa préférence allait vers le cinéma du présent. À ses débuts, ce cinéma était quasiment inconnu et tout était à apprendre. À l'exception de Carrefour ( (Jujiro) de Teinosuke Kinugasa à la fin des années 20, peu ont trouvé le chemin des salles françaises et ont été vus des critiques jusqu'à Rashomon et son Lion d'Or à Venise en 1951 puis La Porte de l'enfer ( Jigokumon ) du même Kinugasa et son grand prix à Cannes.
Ces triomphes internationaux ont permis l'accès d'un certain type de films, souvent des reconstitutions en costumes d'époque. Si son intention première en venant étudier en France était de retourner travailler au Japon et d'y distribuer des films français, son trajet fut ainsi tout autre. Elle est devenue la principale intermédiaire entre les deux cinématographies et a participé à toutes les rétrospectives de cinéma japonais en France, dont celle qui s'est étalée sur presque deux ans à la Cinémathèque au début des années 80.

Face aux réticences des distributeurs, elle a du multiplier les démarches, certaines presque absurdes : les sous-titres étaient souvent des traductions des versions américaines aux montages parfois différents. La pratique de la traduction directe lui doit beaucoup. Les projections auront lieu à la Maison de la Culture du Japon, au cinéma La Clef, au Club de l'Etoile ( rue Troyon, métro Charles-de-Gaulle ) à Paris ; mais aussi en banlieue parisienne ( Chatou, Puteaux, Rueil Malmaison, Cergy-Pontoise, Roissy ) et en province ( Pau, Auvers-sur-Oise, Cannes et Le Cannet ).
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Tarif unique : 4,00 euros
Pascal Le Duff
AUTRES PHOTOS : Yoshio Harada
Shuji Terayama et Hiroko Govaers ; Le Labyrinthe d'Herbes
Sono Sion et Megumi Kagurazaka ( Guilty of Romance )
Palmarès du 6ème édition de KINOTAYO 2011
Soleil d’Or KINOTAYO : Someday de Junji Sakamoto
Soleil d’Or IF Télévision : My Wife de Yukinari HANAWA
Prix Nikon de la plus belle image : Yoshihiro FUKAGAWA pour Into the White Night



