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affiche Un Peuple et son roi

Un Peuple et son roi

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Un film de Pierre Schoeller ,
Avec Adèle Haenel, Laurent Lafitte, Olivier Gourmet,

Genre : Historique
Durée : 2h01
France

En Bref

Notre histoire commence quelque temps avant le 14 juillet dans le quartier de la Bastille, à l’ombre des remparts de la prison du roi. Le peuple gronde, se lève et crie son droit à une autre vie. Dans la clarté de ces jours prometteurs, il est porté par un vent nouveau. La rage et la colère éclatent comme une tempête, la Bastille tombe, les prisonniers ne sont que peu. Qu’importe, le peuple est en colère. Dans notre petite rue sombre, le soleil apparaît enfin quand s’écroule le château de cartes de la prison sordide. C’est la brise des promesses grossissant, le roi à Paris, du pain pour la populace.

S’ensuit une valse de dates, oubliées dans nos cahiers d’écoliers. C’est : le 4 août 1789 : nuit de l’Egalité. C’est la disparition des privilèges, la fin des Ordres et l’égalité de tous devant la Loi, 26 août 1789 : Déclaration des Droits de l’homme, le retour du roi à Paris. L’assemblée s’installe plus près des gueux aux Tuileries. Elle devient un vent mauvais en 1791 sous les canons du Champ de Mars, avec la fuite du roi arrêté à Varennes. Elle est tempête et ouragan en 1792 avec la Déclaration de guerre, les Tuileries croulant sous la fureur du peuple, l’abolition de la royauté, la proclamation de la République. C’est en 1793 que cette première partie s’achève, aux portes de la Terreur avec l’exécution du roi. Elle laisse à Danton cette phrase célèbre : « Tu montreras ma tête au Peuple, elle en vaut la peine ! »


« Louis doit mourir parce qu’il faut que la Patrie vive » (Robespierre)

La Révolution française est une période particulière de notre histoire, comme d’autres qui changent avec les époques et les gouvernements. Dans les années quatre-vingt de nombreux historiens comme Jean-Paul Bertaud s’intéressent à la petite histoire. Ils ouvrent la porte à de nouvelles études loin des grandes figures de la Révolution française. Le cinéma s’empare du sujet par fulgurances, comme pris de frénésie, La nuit de Varennes 1982 Ettore Scola, Les deux orphelines 1921 David Wark Griffith, La Révolution 1989 Robert Enrico, Les Chouans 1988 Philippe de Broca, Danton 1983 Andrzej Wajda, La Marseillaise 1938 Jean Renoir, Les mariés de l’an Deux 1971 Jean-Paul Rappeneau, etc. Pierre Schoeller s’inscrit dans cette longue lignée en choisissant l’angle du peuple et plus particulièrement des femmes. C’est dans une petite rue du quartier de la Bastille que prend naissance le récit, entre un verrier, des lavandières et un SDF de l’époque marqué au fer rouge. Certaines figures restent dans l’ombre comme Danton, Mirabeau, pour laisser le champ libre à Marat, l’ami du peuple, Robespierre l’incontournable et bien d’autres oubliés ou laissés dans l’ombre de l’histoire.

Un peuple et son roi raconte la relation de celui-ci avec la politique et son dirigeant. C’est avec leurs mots et ceux de leurs députés que le cinéaste nous entraine dans ce voyage didactique et bienveillant. Il manque selon nous d’un soupçon de lyrisme d’un peuple qui s’emporte, espère et mugit. C’est peut-être une image d’Épinal que nous portons dans nos racines profondes, une fausse idée ? Les évènements se succèdent comme de nombreux chapitres d’une histoire vue et faite, ne l’oublions pas, par le petit bout de la lorgnette. C’est dans ses faubourgs, sur les bords hurlants d’une nation emportée par ses rêves d’égalité, de fraternité et de liberté, qu’elle se joue avant tout. Dans ce sens, Pierre Schoeller touche juste et nous montre ces va-nu-pieds, ces moins que rien qui porteront et défendront la Révolution. Plus le film avance et plus il maitrise son sujet, s’élance à toucher sur la fin à une liturgie dramatique. Dans la galerie de portraits tracés à la craie sur le pavé, se détache celle du Roi interprété par Laurent Lafitte.

Il donne au personnage ce que d’autres n’avaient su lui insuffler, une étrange sensation de perdition, d’un homme qui n’avait jamais été préparé à être Roi. Il rêvait plus de recherche, de technique, de serrures, de géographie et de mondes nouveaux à découvrir. C’est sur la fin, avec les paroles des députés prononçant leur vote sur la mort ou non, d’un tyran qui n’en était pas un. Un peuple et son roi a le mérite de ramener sur le devant de la scène la parole oubliée de ces hommes et ces femmes qui croyaient en un monde nouveau. Il nous rappelle combien la classe politique est déconnectée de sa base. Il donne la parole aux femmes de l’époque et, malgré un manque de moyens, dresse un beau portrait des rues de la Capitale. Pierre Schoeller s’en sort plutôt bien sur les grands mouvements de foule, se concentrant sur son petit groupe, créant l’illusion. C’est dans certains cadres et idées, jouant souvent avec la lumière comme la rue s’éclairant avec la chute de la Bastille. C’est aussi un hommage à Barry Lyndon avec ses éclairages à la bougie, des figures se découpant sur la lumière du jour rappelant les tableaux de l’époque. Un peuple et son roi est une fresque historique qui devrait ravir petits et grands.

Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
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Edition :


     Titre français : Un peuple et son roi

    Réalisation : Pierre Schoeller

    Scénario : Pierre Schoeller

    Direction musicale : Philippe Schoeller

    Direction artistique :

    Décors : Thierry François

    Costumes : Anaïs Romand

    Photographie : Julien Hirsch

    Son : Jean-Pierre Duret

    Montage : Laurence Briaud

    Production : Denis Freyd, Didier Lupfer et Delphine Tomson

    Sociétés de production : Archipel 35, Studiocanal, France 3 Cinéma, Les Films du Fleuve

    Langue originale : français

    Pays d'origine : France

    Format : couleurs

    Genre : historique

    Durée : 121 minutes (2 h 01)

    Dates de sortie :  26 septembre 2018

Distribution

    Gaspard Ulliel : Basile

    Louis Garrel : Maximilien de Robespierre

    Adèle Haenel : Françoise

    Céline Sallette : Reine Audu

    Laurent Lafitte : Louis XVI

    Ruggero Barbera : Louis Charles Dauphin de France

    Denis Lavant : Jean-Paul Marat

    Niels Schneider : Louis Antoine de Saint-Just

    Izïa Higelin : Margot

    Olivier Gourmet : L'Oncle

    Noémie Lvovsky : Solange

    Andrzej Chyra : Claude François Lazowski

    Johan Libéreau : Tonin

    Audrey Bonnet : Femme Landelle

    Thibaut Evrard : Stanislas-Marie Maillard

    Jean-Marc Roulot : Sectionnaire Lechenard

    Grégory Gatignol : Clément l'Effaré

    Cosme Castro : Patriote Bastille

    Vincent Deniard : Georges Jacques Danton

    Jean-Charles Clichet : Jérôme Pétion de Villeneuve

    Julia Artamonov : Pauline Léon

    Patrick Hauthier : Comte de Virieu

    Philippe Chaine : Jean-Denis Lanjuinais

    Rodolphe Congé : Emmanuel-Joseph Sieyès

    Jean-Pierre Duret : Gamon

    Guillaume Marquet : Président Mounier

    Pierre-François Garel : Antoine Barnave

    John Arnold : Nicolas de Condorcet

    Jacques Ledran : Jacques-Guillaume Thouret

    Etienne Beydon : Camille Desmoulins

    Grégoire Tachnakian : Antoine-François Momoro

    Thibault Lacroix : Charles-Zachée-Joseph Varlet

    Frédéric Norbert : Évêque de Langres

    Maëlia Gentil : Marie-Antoinette

    Jacques Lacaze : Bertrand Barère

    Benoit Déprez : un sans-culottes