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affiche On the Milky Road

On the Milky Road

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Un film de Emir Kusturica ,
Avec Emir Kusturica , Monica Bellucci, Sloboda Micalovic,

Genre : Drame psychologique
Durée : 2h05
Serbie

En Bref

     Kosta traverse chaque jour les lignes ennemies à dos d’âne entre Serbes et Croates, son faucon pèlerin filant dans le ciel. Il rejoint la ferme de Milena qui rêve de l’épouser un jour. En attendant celui-ci, elle se bat contre l’horloge austro-hongroise souvenir d’une ancienne occupation. Un cessez-le-feu doit bientôt stopper les hostilités sous l’œil des observateurs de l’ONU. Cette Ex-Yougoslavie éclatée ne sait plus très bien pour quoi elle se bat, la terre, l’amour, les vaches sans doute. C’est peut-être le goût de la guerre tout simplement. Entre deux batailles, on ripaille au café du coin, la musique en plus pour se saoûler de la vie avant que la mort ne nous emporte. C’est dans cet univers que cet ex-professeur de musique tente d’oublier une vie perdue. L’arrivée de la belle Nestaa, promise au frère de Milena, compromet cette vie paisible, et la fin de la guerre ne change pas les cœurs qui vibrent. La jolie Italienne est poursuivie par un général de l’ONU qui a tué pour elle et n’hésite pas à raser tous ceux qui se mettent sur son passage pour conquérir la belle. Kosta et Nesta doivent fuir avec les commandos du général aux fesses et le pays devant eux. C’est la danse de l’existence, des amours heureuses et déçues, de la mort et de la vie, mais à quel prix.


C’est dix ans après son documentaire peu convaincant sur Maradona que Kusturica revient au cinéma baroque de ses débuts, le Temps des Gitans, Underground, Arizona Dream. C’est un film sur l’amour contre la guerre et non à la gloire de la Serbie comme certains le voudraient. Les commandos de la fin en noir n’appartiennent pas aux unités nationalistes serbes, mais à un général de l’ONU fou d’amour. Il devient plus une métaphore contre l’ingérence des pays occidentaux et de Big Brother à foutre plus le bordel que la paix. Ce n’est pas tout à fait faux. D’ailleurs c’est avec humour que les soldats derrière les lignes composent une chanson contre cet œil de Dieu qui voit tout et ne comprend parfois pas grand-chose. Kusturica fait un clin d’œil a Sur écoute et autres ingérences de l’état dans notre vie privée. On the Milky Road regarde plus vers le cinéma russe avec un extrait à la télévision comme un écho à l’histoire d’amour de Quand passe les cigognes de Mikhaïl Kalatozov. Nous retrouvons dans la forme cet onirisme baroque et fou qu’il pousse à l’extrême. La première partie en ce sens est un petit bijou du cinéma kustaricien, débordant de couleurs et de sons dans une douce folie enivrante.

L’amour et la mort rejoignent la problématique du cinéma russe, voire mexicain. Kusturica est peut-être l’enfant des Sergueï Eisenstein, Vsevolod Poudovkine et Alexandre Dovjenko  des origines. Il existe la même exubérance que dans le cinéma de Sergei Paradjanov, lui aussi controversé. La métaphore coule comme un fleuve sauvage indomptable le long du récit, entre une horloge austro-hongroise mangeuse de femmes, un serpent buvant du lait, un faucon libre, des moutons déchirés par les mines, etc. Cette dernière est à prendre au second degré, comme une métaphore morbide. Kusturica oppose l’enfer de la guerre au paradis de l’amour. Cette belle promise à un autre lui propose le fruit défendu. La musique est un personnage à part entière comme toujours chez lui-  Kosta est un ancien professeur de musique. La religion de la même façon domine l’histoire, le serpent, l’expiation finale, les éléments les plus visibles et d’autres à chercher entre les lignes.

On the Milky Road pourrait se voir comme une métaphore du paradis perdu, au début homme et bêtes vivent en harmonie, arrive la femme pécheresse. C’est ensuite la fuite chassée par les diables en noir. Kosta achève sa route dans un monastère à casser des pierres pour un drôle de mausolée. Il s’égare parfois dans ses méandres narratifs, pour toucher à d’autres moments le sens du monde à travers sa folie. C’est avec plaisir que nous retrouvons l’esprit de Kusturica pour ce dernier volet sur la guerre. Après c’est une autre histoire toujours aussi folle.

 Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
Support vidéo :
Langues Audio :
Sous-titres :
Edition :


    •    Titre : On the Milky Road

    •    Titre original : (Na Mlečnom Putu)

       •    Pays de production : Serbie, Royaume-Uni, États-Unis 2016

Réalisation : Emir Kusturica
    •    Scénario : Emir Kusturica
    •    Image : Goran Volarević, Martin Šec
    •    Décors : Goran Joksimović
    •    Costumes : Nebojša Lipanović
    •    Son : Novica Jankov, Aleksandar Perović
    •    Montage : Svetolik Mića Zajc
    •    Musique : Stribor Kusturica
    •    Producteur(s) : Paula Vaccaro, Emir Kusturica, Lucas Akoskin, Alex Garcia

  Distribution :
                Monica Bellucci (Nevesta),
                Emir Kusturica (Kosta),
                Miki Manojlović (Žaga),
                Sloboda Micalović (Milena)...
    •    Distributeur : Wild Bunch Distribution
    •    Date de sortie : 12 juillet 2017
    •    Durée : 2h05