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affiche Les Indestructibles 2

Les Indestructibles 2

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Un film de Brad Bird ,
Avec Gérard Lanvin, Déborah Perret, Louane Emera ,

Genre : Film d'animation
Durée : 1h58
États-Unis

En Bref

Les super héros sont de nouveau au banc des accusés, la sauvegarde du monde présente un coût de réparation assez élevé. Notre petite famille aux pouvoirs extraordinaires se retrouve sur le pavé, lâchée par ses employeurs. Ils doivent assumer seuls leur train de vie et trouver de nouveaux tafs. Pas de boulot, des appartements de seconde classe, la vie n’est plus un rêve. La solution à leur galère vient d’un milliardaire dirigeant le groupe Devetch. Il croit encore en leur utilité. Pour sauver la planète, il faut une agence secrète au bras long et un super héros classe. Le gagnant ou la gagnante est … Hélène Parr Elestigirl, plus tendance que ce brave Bob, Monsieur Indestructible. Pendant qu’elle court délivrer le monde et redorer le blason des super, notre pauvre Bob se confronte au dur métier d’homme au foyer. Il se retrouve coincé entre Flèche, boosté au Speedy Gonzales, Violette et un début de crise d’adolescence, et le petit Jack-Jack qui lui réserve bien des surprises. Grâce à Elestigirl, les super héros reviennent sur le devant de la scène et on leur reconnaît une utilité. Dans l’ombre, une nouvelle menace apparaît, l’Hypnotiseur. Face aux gentils, les méchants ne sont jamais loin. Il est temps pour la famille Parr d’endosser de nouveau le costume pour une autre bataille. Il n’est pas sûr que cela soit si facile.


En 2004, les studios Pixar continuaient de révolutionner l’univers de l’animation en poussant plus loin le genre. Après Toy Story, 1001 pattes, Monstres et Cie, Le monde de Nemo, ils s’attaquent aux super héros avec Les Indestructibles. Il devenait rapidement le film le plus rentable de l’histoire de l’animation. Il aura fallu attendre quatorze ans pour qu’une suite voie le jour. Elle reprend la trame du récit à la fin du premier volet, trois mois après la défaite de Syndrome. Dans cette première aventure, nos héros affrontaient la difficulté d’une vie familiale et celle des super pouvoirs. Cette fois, derrière ceci, c’est la confrontation à la vie de famille avec tout ce que cela comporte. Cela devient le centre du récit. Pendant que madame sauve le monde en courant mille dangers en devenant la coqueluche des médias et du public, Bob, plus habitué à fracasser du méchant, gère les couches, la crise d’adolescence de Violette et un Flèche toujours aussi dynamique.

C’est les devoirs du soir et un bébé qui ne fait pas ses dents mais ses super pouvoirs. Toute la première partie se concentre sur le monde à sauver et la vie de famille qui devient un exercice plus difficile que la planète en danger. Brad Bird bouscule une nouvelle fois les codes établis avec un film ouvertement féministe, tout en s’amusant des stéréotypes de la vie de famille, comme les devoirs, l’hygiène à table, etc. Il ne tombe jamais dans l’effet de style ni la facilité, mais au contraire s’évertue à soigner ses dialogues et son récit. C’est dans la subtilité qu’il trace sa route pour nous interroger dans le bon sens. L’effet de surprise du premier volet disparaît, sans doute à cause du tsunami des nombreux films de super héros. Il n’en reste pas moins une aventure passionnante qui nous emporte du début jusqu’à la fin. En plus de filer comme Flèche, elle prend le temps de poser des vraies questions sur la femme au foyer vue du côté masculin.

Nous apprécierons le travail du temps et la progression des technologies entre le premier opus et celui-ci. Les décors et l’animation des personnages marquent une évolution considérable pour le genre. L’équipe garde le look des années soixante et soixante-dix, particulièrement des séries télé comme Mission impossible, Des agents très spéciaux, Destination danger et leurs décors kitchs. Il abandonne un peu son côté James Bond des débuts pour embrasser d’autres univers. C’est avec un grand plaisir que l’on retrouve cette petite famille au super pouvoir… de nous faire rêver. Nous espérons qu’il ne faudra pas attendre quatorze ans pour les revoir.

Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
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C.R : Est-ce qu’il était difficile d’équilibrer la dynamique famille et super héros ?

 Brad Bird : Oui, c’était difficile à faire, mais ce qui rend le film sympathique, c’est de passer d’un style à l’autre.

Nicole Paradis Grindle: Ce qui me plaisait bien, c’était l’utilisation des super pouvoirs au sein de la vie de famille, par exemple le père est le plus fort comme monsieur Incroyable. La mère est tiraillée dans tous les sens comme Elastigirl. Violette, une adolescente, cherche toujours à s’effacer. Elle possède le pouvoir de devenir invisible. Flèche est un petit garçon qui dégage beaucoup d’énergie et court dans tous les sens. Enfin, Jack Jack est un bébé aux pouvoirs illimités. Nous nous sommes bien amusés avec ces pouvoirs différents.

John Walker : À chaque fois que nous partions trop dans le super héros, il fallait revenir à la normale et vice versa. C’était cet équilibre, comme dans le premier opus que nous recherchions.

C.R : Nous sommes à une ère influencée par les nombreux super héros. Est-ce que cela a un effet sur votre film ?

 Brad Bird : Effectivement, il faut plusieurs années pour faire un film. Je me suis dit : « tu vas faire celui-ci et il y en aura trop qui sortiront. » Cela m’a tiraillé pendant une heure. Puis, je me suis dit : « il faut avancer, car ce qui change c’est la famille » comme nous le disions tout à l’heure. C’est cela qui m’intriguait et me donnait envie de le faire.

C.R : À une époque d’un cinéma standardisé, votre mise en scène évoque le cinéma d’auteur.

 Brad Bird : C’est ce que j’adore chez Pixar. C’est une société qui apprécie les voies différentes des réalisateurs. Vous connaissez tous les films Pixar et chacun possède son propre style. C’est la force du studio, par exemple le court métrage en début du film, Bao. C’est une jeune réalisatrice qui possède sa propre voie. J’adore travailler avec un studio qui nous donne cette opportunité d’être différents.

 Dans Les Indestructibles 2, on voit des plusieurs immeubles tomber et même un pont. Est-ce que ce sont ces images qui vous ont donné l’idée de faire un film sur le tremblement de terre de 1906 à San Francisco ?

 Brad Bird : j’espère faire ce film. C’était un moment et un endroit uniques dans l’histoire des Etats-Unis. Je suis conscient qu’il faut beaucoup de temps pour préparer ce genre de film. Je ne suis pas certain de vouloir gâcher plusieurs années de ma vie sur le sujet pour l’instant.

C.R : Sur le premier film, il existe plein d’idées que vous n’avez pas utilisées, les avez-vous reprises pour Les Indestructibles 2 ?

 Brad Bird : La première c’était une scène de bataille avec Jack Jack et le raton laveur. Nous adorions celle-ci, mais il n’existait pas d’endroit où la mettre. Donc nous l’avons utilisée dans le deuxième. L’autre séquence c’est celle de Jack Jack et la baby Sitter. Nous l’avions préparée pour le premier pour l’insérer à un moment où le rythme baisse. Comme le film était suffisamment énergique, nous n’avons trouvé aucun moment où la placer. Du coup, c’est devenu un court métrage bonus dans le Blu-Ray. Nous aimions l’idée que la famille ignorait les pouvoirs du petit alors que le public le savait déjà. 

C.R : Est-ce que c’était difficile avec le succès du premier de faire le second ?

 Brad Bird : Oui. Quand le public aime un film, il se passe une réaction bizarre sur l’internet. J’évite d’aller voir et parfois j’y vais. Je lis les commentaires comme « Ah oui le premier était génial, il ne faut pas me décevoir avec le deuxième. » Du coup c’est dur pour la créativité, comme vous pouvez l’imaginer. Parfois, ils pensent qu’il faut refaire la même chose dans le deuxième. Cela devient une liste avec séquence un, séquence deux, etc. Je n’aime pas du tout ça. Je tente de m’imaginer dans la salle de cinéma et de me dire : qu’est-ce que j’aimerais voir ? C’est ainsi que naissent mes idées.

C.R : Le look du film ressemble un peu aux années soixante, soixante-dix, dessin animé d’Hanna-Barbera, James Bond et les séries télé d’espionnage. Est-ce que c’est une volonté nostalgique de votre part, un hommage ?

 Brad Bird : Plutôt les années soixante cool, les années soixante-dix moches… Quand j’étais gamin, les films de super héros n’étaient pas vraiment bien faits, pour parler franchement. Les méchants n’étaient pas top. Donc, j’ai regardé les films d’espions. Je me suis dit : là nous avons des vrais méchants comme dans Dr No, Goldfinger, pour moi c’était les vrais méchants. J’ai adoré cette idée et je suis m’en suis inspiré. Les méchants qu’il y avait dans Batman et tout ce que j’ai vu quand j’étais petit, ce n’était pas vraiment ça. Nicole Paradis Grindle ajoute Jonny Quest, ça c’était sympa. (C’est un dessin animé de science-fiction de 64, inspiré d’une série radio. Elle tourne autour d'un garçon nommé Jonny Quest accompagnant son père, un scientifique, dans des aventures extraordinaires.) 

C.R : Samuel Jackson est Frozone et dans les autres séries Marvel, il interprète Nick Fury. Vous auriez pu imaginer un caméo rencontre entre les deux ? Pensez-vous un jour passer à un film Marvel de super héros en live ?

 Brad Bird : On m’a déjà proposé de faire des live de super héros qui ont bien marché sans moi. C’est peut-être une bonne chose. J’ai mes propres super héros, les indestructibles, ça me suffit donc comme ça.

C.R : À un moment, le méchant du film a un discours assez engagé, voire politique sur l’addiction aux écrans. Est-ce que vous souscrivez à celui-ci ?

 Brad Bird : Pour moi, les meilleurs méchants sont ceux qui possèdent un vrai point de vue logique, même si leurs actions sont mauvaises. Ils sont plus crédibles comme cela. Nicole Paradis Grindle ajoute : « c’est mieux un méchant pour lequel on éprouve un peu d’empathie. » 

C.R : Il y a avait de nombreux défis à relever en terme d’animation quand le premier est sorti. Aujourd’hui quels sont-ils ?

Brad Bird : Dans le premier, nous explorions des terres inconnues car personne n’avait jamais encore tenté ce que nous voulions réussir, même chez Pixar. Il existait tellement de défis à relever. Aujourd’hui, le matériel, les équipes sont mieux. Nous avons beaucoup plus d’expérience dans le domaine de l’animation. Pour moi le challenge, que ce soit un petit ou un grand film, c’est l’histoire, ce qui se passe avec les personnages. Je dis toujours : « les meilleurs effets spéciaux ce sont vos personnages ». C’est le plus important pour nous.

Interview réalisée et transcrite par Patrick Van Langhenhoven, corrigée et mise en forme par Françoise Poul

    Titre original : Incredibles 2

    Titre français : Les Indestructibles 2

    Titre québécois : Les Incroyable 2

    Réalisation et scénario : Brad Bird

    Direction artistique : Ralph Eggleston

    Décors : Josh Holtsclaw

    Photographie : Jeremy Lasky

    Montage : Stephen Schaffer

    Musique : Michael Giacchino

    Production : John Walker et Nicole Paradis Grindle

    Sociétés de production : Pixar Animation Studios et Walt Disney Pictures

    Société de distribution : Walt Disney Studios Distribution

    Pays d'origine : États-Unis

    Langue originale : anglais

    Genre : super-héros

    Durée : 118 minutes

    Dates de sortie : (Festival international du film d'animation d'Annecy) ; 4 juillet 2018 (sortie nationale)

Distribution

Voix originales

    Craig T. Nelson : Robert Parr / Mr Indestructible

    Holly Hunter : Helen Parr / Elastigirl

    Sarah Vowell : Violet Parr

    Huck Milner : Dashiell « Dash » Parr / Flèche

    Samuel L. Jackson : Lucius Best / Frozone

    Brad Bird : Edna Mode

    Jonathan Banks : Rick Dicker

    Bob Odenkirk : Winston Deavor

    Catherine Keener : Evelyn Deavor

    Sophia Bush : Voyd

    Isabella Rossellini : l’Ambassadrice

    John Ratzenberger : le Démolisseur

Voix françaises

    Gérard Lanvin : Robert Parr / M. Indestructible

    Déborah Perret : Helen Parr / Elastigirl

    Louane : Violet Parr

    Timothé Vom Dorp : Dashiell « Dash » Parr / Flèche

    Thierry Desroses : Lucius Best / Frozone

    Amanda Lear : Edna Mode

    Jean-Bernard Guillard : Rick Dicker

    Laurent Maurel : Winston Deavor

    Christine Bellier : Evelyn Deavor

    Youna Noiret : Vortex

    Emmanuèle Bondeville : l'Ambassadrice

    Serge Biavan : le Démolisseur

    François Raison : l’Hypnotiseur

    Julien Crampon : Tony Rydinger

    Augustin Bonhomme : le Livreur de pizza

    Achille Orsoni : Reflux

    Anatole de Bodinat : Helectrix

    Michel Dodane : le maire

Voix québécoises

    Benoît Rousseau : Robert Parr / M. Incroyable

    Camille Cyr-Desmarais : Hélène Parr / Élasto-fille

    François L'Écuyer : Lucius Meilleur / Frigozone

    Catherine Brunet : Violet Parr

    Adam Moussahim : Rush Parr

    Laurence Dauphinais : Evelyn Deavor

    François-Simon Poirier : Winston Deavor

    Ezra Langelier : Jack-Jack Parr

    Denys Paris : Edna Mode

    Nicolas Poulin : Tony Rydinger

    Stéfanie Dolan : Voyd

    Guy Nadon : Rick Dicker

    Paul Sarrasin : Krushauer

    Claudine Chatel : L'Ambassadrice

    Yves Soutière : Chad Brentley

    Pierre Auger : L'Inframineur

    Marc-André Bélanger : L'Hypnotiseur / Le Livreur de pizza

    Charles Préfontaine : Reflux

    Christian Perrault : Le Maire

    Joakim Lamoureux : Hélectrix / Victor Cachet / Le Détective 1

    Stéphane Brulotte : Le Détective 2

    Nadia Paradis : Chérie