Cine-Region.fr
affiche La Planète des singes : Suprématie

La Planète des singes : Suprématie

___

Un film de Matt Reeves ,
Avec Andy Serkis, Woody Harrelson, Steve Zahn,

Genre : Science-fiction
Durée : 2h20
États-Unis

En Bref

Dans l’ombre de la forêt, Caesar et son peuple goûtent au silence des armures et à la paix profonde. La vie prend le pouvoir des jours heureux où l’eau de la cascade berce le rire des enfants doux. Le monde ne serait qu’une illusion dit le poète, le rêve un bonheur éphémère que mangent les heures de la colère. Déjà dans le silence des sous-bois avance la menace d’autres singes nus misant sur leur intelligence pour bannir du royaume de Dieu le peuple singe. Le colonel retrouve la trace de la cache de Caesar et  le cœur du singe ne rêve que de tranquillité. Celui de l’homme se remplit de la haine et du souffle, de l’odeur de la guerre à venir.

Dans sa folie le colonel tue la famille de Caesar, lui enlève tout espoir de construire un avenir de paix sur le terreau où la vengeance plante sa graine. Fuir encore et toujours ou se laisser porter par le murmure sournois d’un sentiment qui n’appartient qu’aux hommes de douleur. Ailleurs, au cœur de la verte vallée il existe un havre de paix où construire un monde nouveau. Unie, la tribu prend le chemin de la terre promise, et Caesar celui de la vengeance. Elle n’est jamais bonne conseillère disait le sage planté sur sa montagne. Elle ronge de l’intérieur et ne porte que l’ombre de la nuit. La route de nouveau se pare des couleurs de l’initiation pour Caesar.

Il lui faudra vaincre un démon plus cruel que le colonel et sa haine de l’autre. Il lui faudra vaincre la nuit de sa propre âme pour enfin devenir le Moïse du peuple singe. Le colonel vient d’ouvrir les portes de l’enfer en capturant les singes parqués comme des bannis. Le sort s’acharne pour faire basculer Caesar du côté obscur où aucun monde durable ne peut prendre racine. Dans sa route il croise le regard de l’innocence, une âme si pure qu’elle pourrait lui rappeler le chemin de la lumière. Le tout est de savoir quelle route prendre pour trouver la verte vallée. 


Mat Reeves clôt avec brio la nouvelle trilogie adaptée du roman de Pierre Boule la planète des singes. L’histoire se concentre autour de la génétique, nouvelle promesse de l’avenir après l’énergie atomique. Elle modifie la nature des singes et en ricochet celle des hommes. Le virus rend intelligent le peuple singe, mais condamne au silence et à la régression les humains. Dans le second volet, les uns et les autres acceptent de vivre en paix en s’ignorant cordialement. Il existe toujours des hommes de bonne volonté - ou mauvaise - pour briser le cercle des promesses. Des figures bibliques, mythologiques apparaissent dans cette dernière saga profondément marquée par le mythe de la terre promise. La dernière image ressemble étrangement à une pietà en arrière un arbre en forme de croix. Le sacrifice s’ancre dans le cœur du récit pour Caesar et le Colonel, avec des notions différentes. Il passe de la figure de Moïse, avec ses commandements à son peuple, à celle du Christ se sacrifiant pour le bien de tous. Le film multiplie les références au chemin de croix du Christ, le bon samaritain lui donnant à boire, le refus de la violence, etc. C’est le nom de Nova, petite étoile brillante qui finit par se fondre dans l’infini comme une étoile.

Le film mélange avec talent une symbolique chargée et des références nombreuses aux règles du blockbuster. La Planète des singes : Suprématie annonce sans aucun doute un nouveau cinéma populaire mêlant habilement le sens du récit et de l’action avec des séquences-choc et un contenu argumenté et construit, et la prouesse technique. C’est avec plaisir qu’Andy Serkis retrouve le rôle de Caesar et lui apporte une nouvelle dimension tout en demeurant dans l’ombre. Nous retrouvons quelques clins d’yeux à la première saga, Cornelia bébé, Maurice l’orang-outang, porte le prénom de l’acteur qui jouait le Dr Zaïus. Pour le reste il faudra vous creuser un peu la tête. Nova, la petite fille innocente annonce le futur de notre humanité muette, proche de l’éveil ou de la colère et quel chemin sera son futur. Le colonel avec sa haine chevillée au corps nous rappelle que souvent nous sommes les responsables de notre malheur.

Il nous rappelle la figure de Brando dans Apocalypse Now lui-même inspiré par l’œuvre de Joseph Conrad au cœur des ténèbres. Le colonel est une variation de Kurzt tout comme le récit se teinte des thématiques d’Au cœur des ténèbres dans cette idée s’exiler quitter la civilisation pour retrouver le cœur de la nature. Le colonel prend des couleurs existentialistes, faillibles, désenchantées, ne renonçant jamais à affronter la vie. Nous pourrions continuer ainsi multipliant les références au mythe, à la bible, la littérature, etc. Nous terminerons juste avec le western, la fin nous rappelle Qu’elle était verte ma vallée, l’homme des vallées perdues, l’Eden de la bible. La figure de Caesar rejoint les héros que l’on retrouve souvent dans le western. Tiraillés par la vengeance, ils devront s’en affranchir pour grandir. On peut voir le film sans chercher les seconde, troisième, quatrième lectures juste pour le plaisir de se laisser porter par une belle histoire.

Patrick Van Langhenhoven  

Note du support : n/a
Support vidéo :
Langues Audio :
Sous-titres :
Edition :


    •       Titre original: War for the Planet of the Apes

    •       Titre français : La Planète des singes : Suprématie

    •       Titre québécois : La guerre de la Planète des singes

    •       Réalisation : Matt Reeves

    •       Scénario : Mark Bomback et Matt Reeves, d'après La Planète des singes de Pierre Boulle

    •       Direction artistique : Maya Shimoguchi

    •       Décors : James Chinlund

    •       Costumes : Melissa Bruning

    •       Photographie : Michael Seresin

    •       Montage : William Hoy

    •       Musique : Michael Giacchino

    •       Production : Peter Chernin, Dylan Clark, Rick Jaffa et Amanda Silver

Producteurs délégués : Mark Bomback et Mary McLaglen

    •       Société de production : Chernin Entertainment

    •       Société de distribution : 20th Century Fox

    •       Pays d'origine : États-Unis

    •       Langue originale : anglais

    •       Format : couleur

    •       Genre : science-fiction, action

    •       Dates de sortie : 2 août 20174

Distribution

    •       Andy Serkis (VQ : Patrick Chouinard) : César

    •       Woody Harrelson (VQ : Louis-Philippe Dandenault) : le colonel

    •       Judy Greer : Cornelia

    •       Karin Konoval (VQ : François Trudel) : Maurice

    •       Steve Zahn (VQ : Jacques Lavallée) : Méchant Singe

    •       Toby Kebbell : Koba

    •       Chad Rook (VQ : Pierre-Étienne Rouillard) : Boyle

    •       Amiah Miller : Nova

    •       Ty Olsson (VQ : Jean-François Beaupré) : Red

    •       Terry Notary: Rocket

    •       Gabriel Chavarria (en) (VQ: Xavier Dolan): Preacher

    •       Mercedes de la Zerda : Lang

    •       Michael Adamthwaite : Luca

    •       Roger Cross (VQ : Fayolle Jean Jr.) : Capitaine

    •       Sandy Robson (VQ : Christian Perrault) : Mitrailleur

    •       Doug Chapman (VQ : Daniel Roy) : Déserteur

    •       Sara Canning

    •       Aleks Paunovic