Cine-Region.fr
affiche The Jane Doe Identity

The Jane Doe Identity

___

Un film de André Øvredal ,
Avec Emile Hirsch, Brian Cox, Ophelia Lovibond,

Genre : Horreur
Durée : 1h39
États-Unis

En Bref

La petite maison tranquille devient le théâtre d’un drame que les morts aideront à percer. Le légiste interroge les cadavres pour remonter le temps et comprendre une partie de leur fin violente. Parfois le mystère s’épaissit et au lieu de réponses, surviennent de nouvelles questions. Elles soulèvent le voile de choses anciennes remontant à l’aube de l’humanité. Elles racontent la longue litanie de la violence et de la haine, de la différence et de la quête d’un monde meilleur au prix du sang. À la morgue, les morts attendent les derniers sacrements avant que la terre ne les engloutisse pour la nuit des temps. Un cadavre peut-il déclencher l’enfer, réveiller les spectres, ouvrir les portes de l’enfer ? Face au néant, que peuvent les vivants sinon souffrir et s’engloutir dans la soif de vie d’une chose qui ne possède aucune raison d’être. Bienvenue dans un monde où la réalité n’a plus sa place quand l’horreur détruit nos convictions pour ébranler nos consciences avides de vérités faciles à comprendre. Parfois il vaut mieux laisser les morts à leur silence.


« Nous notre boulot c’est de trouver la cause de la mort. »

André Øvredal installe une atmosphère étrange, pesante, en s’appuyant sur les bonnes vieilles ficelles du genre. Après un premier film remarqué Troll, il quitte le grand froid de la Norvège pour les États-Unis. Il choisit pour décor une maison ancienne au vieux papier peint avec ses couloirs lambrissés. C’est la demeure du croque-mort, près du cimetière où les morts reposent en paix. Ils exposent leurs histoires, dernier chapitre d’une longue vie, maladie ou violence qu’ils emportent dans la tombe. Pour personnage central, nous retrouvons le couple père et fils liés par la même passion du travail. Se dévoile au cours du récit un autre lien, celui de la disparition de la mère. Dehors, le temps est à l’orage. Il annonce un ouragan à l’intérieur que le spectateur attend comme une apothéose à l’horreur annoncée.

Il s’appuie sur les gros plans des outils de travail maculés de sang, dégoulinants, pour bâtir la petite musique de l’horreur. Dans ce schéma classique, de temps en temps pointe une bonne idée, une séquence, comme ce flou du début. Peu à peu, une histoire s’ébauche avec ses blancs et ses zones d’ombre dans un huis-clos habilement mené. Les petits détails deviennent les pièces d’un puzzle plus grand, comme la radio et ses chansons innocentes, le chat agressif, le frigo, ils parlent d’une aube noire à venir. Derrière se cache toute une réflexion sur la mort et la maladie, elle nous est livrée avec parcimonie. Ce sont les petites pièces d’un puzzle plus vaste tentant de donner un sens à l’existence. Toutes ces morts violentes, accident, crime, ne relèvent pas d’une fin paisible. Elles ne sont pas l’achèvement d’une route ordinaire menant à la dernière porte. Elles rendent le présent plus important, chaque moment avec l’autre devient un diamant à préserver. Est-ce que ce cadavre inconnu représente le mythe d’un croquemitaine pour enfants ?

La réponse finale ouvre une autre lecture de nos vieilles peurs et d’un mythe de la nouvelle Angleterre en 1683 du côté de Salem. Chut, je ne peux vous en dévoiler plus pour ne pas gâcher votre plaisir. La notion d’âmes, d’innocence et de sacrifice viendra compléter ce tableau macabre assez habile. Nous pensons à un autre réalisateur spécialiste du genre, James Wan. Nous retrouvons la même capacité à se réapproprier le genre pour en proposer une autre lecture. The Jane Doe Identity part de l’extérieur pour pénétrer l’intérieur de la maison, au sous-sol, du corps d’une jolie femme à son cœur noir. Il y avait longtemps que nous n’avions pas éprouvé un vrai plaisir de cinéma fantastique.

Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
Support vidéo :
Langues Audio :
Sous-titres :
Edition :


    •       Titre original : The Autopsy of Jane Doe

    •       Titre français : The Jane Doe Identity

    •       Réalisation : André Øvredal

    •       Scénario : Ian Goldberg et Richard Naing

    •       Costumes : Natalie Ward

    •       Photographie : Roman Osin

    •       Montage : Peter Gvozdas

    •       Production : Fred Berger, Eric Garcia, Ben Pugh, Rory Aitken

    •       Sociétés de production : 42, IM Global, Impostor Pictures

    •       Sociétés de distribution : IFC Films (USA), Wild Bunch (France)

    •       Pays d'origine :  Norvège,  États-Unis

    •       Langue : américain

    •       Format : couleur

    •       Genre : horreur

    •       Durée : 86 minutes

    •       Dates de sortie : 31 mai 2017

Distribution

    •       Emile Hirsch : Austin Tilden

    •       Brian Cox : Tommy Tilden

    •       Ophelia Lovibond : Emma

    •       Michael McElhatton : shérif Sheldon Burke

    •       Olwen Kelly : Jane Doe

    •       Parker Sawyers : officier Cole

    •       Jane Perry : lieutenant Wade

    •       Yves O'Hara : député Ballard

    •       Mark Phoenix : Louis Tannis