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affiche Edmond

Edmond

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Un film de Alexis Michalik ,
Avec Thomas Solivérès, Olivier Gourmet, Mathilde Seigner,

Genre : Biographique
Durée : 1h50
France

En Bref

« Il y a beaucoup de gens dont la facilité de parler ne vient que de l’impuissance de se taire. » Cyrano

Le jeune Edmond Rostand n’est pas encore au sommet de sa gloire, ce serait même le contraire ! Malgré le soutien de la grande Sarah Bernhardt, sa dernière pièce est un four. Il lui faut très vite trouver une nouvelle idée, qui ne vient pas, pour relancer sa carrière. Sur les conseils de sa protectrice, il se rend chez le grand Constant Coquelin pour lui soumettre au pied levé une comédie héroïque, avec un héros au grand panache et au grand nez. Devant l’enthousiasme de l’acteur, il ne lui reste plus que vingt-quatre heures pour écrire les premières lignes.

Il possède déjà un titre, Cyrano de Bergerac. Entre les amours de son meilleur ami, quelques soutiens financiers, un grand acteur et sa femme, il devrait bien trouver l’inspiration en piochant par-ci par-là quelques idées de la vie réelle à transposer au cœur de son histoire. Le temps presse et son collègue au succès fulgurant, Georges Feydeau, le nargue sans vraiment croire à son succès. Le Tout Paris ne croit guère en cette pièce qui n’est ni un drame, ni une comédie. Entre des acteurs impatients et les beaux yeux d’une belle, il a fort à faire pour qu’enfin la gloire s’invite au rendez-vous.


« Ainsi, il y a un chef-d’œuvre de plus au monde », écrit Jules Renard le soir de la générale.

C’est en voyant Shakespeare in Love et en lisant dans un dossier pédagogique les circonstances de la création de Cyrano de Bergerac qu’Alexis Michalik a l’idée de la pièce qui a fait un tabac sur plusieurs saisons dans les théâtres parisiens et récolté 5 Molières, puis du film. Edmond, c’est d’abord une plongée dans une époque foisonnante dans laquelle le cinéma balbutie à peine. Feydeau avec ses vaudevilles, Courteline ses comédies et l’arrivée du théâtre réaliste étranger avec Strindberg, Ibsen enchantent le public. L’époque est à la morosité, la défaite de 1870 se fait encore sentir, l’affaire Dreyfus débute, un attentat anarchiste coûte la vie au président Sadi Carnot. Dans la réalité, Edmond Rostand aide bien son ami à séduire une jeune péronnelle comme Cyrano, Christian.

« Veux-tu me compléter et que je te complète ? Tu marcheras, j’irai dans l’ombre à ton côté : je serai ton esprit, tu seras ma beauté. »

Depuis longtemps, le personnage de Savinien de Cyrano de Bergerac hante l’esprit de notre poète. Il s’inspire des Grotesques de Théophile Gautier pour son physique. Il mélange sa propre histoire à celle du personnage pour accoucher d’une comédie héroïque, comme il le disait lui même. C’est en s’inspirant de tout cela que le jeune Alexis Michalik, porté par la chance de la pièce, écrit cette histoire d’une création mouvementée. Edmond rejoint un peu le théâtre romantique et de nombreuses autres influences comme la comédie à la Molière, l’épique de la comédie héroïque. Elle mélange les genres avec grâce et talent, alternant le registre noble et familier dans ses alexandrins.

« Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès ! Non, non c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! » 

A la sortie de la pièce, certains la trouveront un rien cocardière, d’autres valorisent le culte du héros. Edmond s’appuie sur tout cela, sans alexandrins mais avec délicatesse et subtilité. Il évoque la dépression de l’auteur, puis son enthousiasme, sans trop croire au succès. Nous plongeons surtout au cœur de la création d’un grand classique, le plus joué dans le monde. Apparaissent les affres de la page blanche, l’enthousiasme débordant, le tout sur fond amoureux. C’est une œuvre de passion, une grande déclaration à l’être aimé. Michalik s’en amuse avec les différentes amourettes, passions débordantes et pour finir, l’amour, le vrai, l’éternel chant de l’aurore. Nous n’en dirons pas plus pour ne pas spolier la fin. Jean Rostand affirme que son père y voyait une symphonie, on y décèle « cinq mouvements musicaux avec chacun son caractère, son thème, son rythme ». C’est sans aucun doute un autre succès que nous invite à découvrir le réalisateur, avec cette alchimie qui devrait se transformer en or. Nous laisserons le dernier mot à Cyrano.  

« Un baiser, qu’est-ce ? Un serment fait d’un peu plus près, un aveu qui veut se confirmer, un point rose qu’on met sur l’I du verbe aimer ; c’est un secret qui prend la bouche pour oreille. »

 Patrick Van Langhenhoven

Les extraits sont tirés de la pièce d’Edmond Rostand.

Note du support : n/a
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   Michalik est un illusionniste Après avoir rempli le Théâtre du Palais Royal et remporté cinq Molière, le conteur, acteur et réalisateur transpose son formidable « Edmond » à l’écran. Même verve, même entrain et même plaisir. Rencontre lors du 27 festival du film de Sarlat

D’où est venue cette envie d’adapter votre « Edmond » à l’écran ?
Il y a près de vingt ans, j’ai été bluffé par la façon dont John Madden revisitait avec « Shakespeare in Love » la vie du créateur de « Roméo et Juliette ». Dix ans plus tard je découvre dans un dossier pédagogique les circonstances de la création de « Cyrano de Bergerac ». Immédiatement j’écris un scénario romanesque que je destine à l’écran. Mais un film en costumes coute cher. Il a fallu attendre le succès d’ « Edmond » sur les planches pour que je puisse le financer et devenir réalisateur !

Tout est-il vrai dans ce que vous relatez d’Edmond Rostand ?
 Rostand s’est beaucoup documenté sur le vrai Cyrano de Bergerac avant d’écrire son œuvre fictionnelle. J’ai fait de même. J’ai pioché des éléments véridiques et pris des libertés avec l’histoire. Disons que ce n’est pas un biopic mais une fiction réaliste. Par exemple Rostand n’a jamais écrit sa pièce en trois semaines ! Il a mis un peu plus de temps.

Avez-vous fait des modifications de la scène à l’écran ?
Quelques coupes mais pas grand-chose. Dans le film on voit concrètement des éléments que l’on ne peut que suggérer au théâtre. Les extérieurs de Paris, par exemple. Par ailleurs,  au théâtre, les acteurs caméléons jouaient plusieurs rôles. Au cinéma on a besoin exactement de la bonne personne en raison de la proximité de la caméra. On ne peut pas tricher.

Vous avez aussi adapté la pièce en bande dessinée aux Editions Rue de Sèvres ?
C’est surtout le dessinateur Leonard Chemineau qui a fait le boulot. Même si c’est sur mon scénario. D’ailleurs son crayonné et ses planches  nous ont pas mal servi  sur le tournage pour des idées de visuels et de décors.

D’ailleurs, vous reconstituez  cette joyeuse époque avec un évident plaisir.
J’adore la fin du 19 ieme siècle. C’est l’époque du théâtre populaire, par excellence. Le début de l’électricité mais pas encore du cinéma. On avait l’idée d’une approche carte postale. Sorte d’Amelie Poulain en 1895. Un coté fantasmé de Paris à l’américaine. C’est pourquoi on a tourné en grande partie à Prague D’ailleurs, on a montré le film à des ados et des les premières images ils ont marché.
Des jours, des mois et des années avec Edmond ! Comment va-t-il sortir de votre vie ?
Je ne sais pas s’il va en sortir ! Le film est aujourd hui sur tous les écrans de France. La pièce continue à Paris. Elle est montée en mars en Angleterre. Mais vous savez, il parait que Cyrano n’est jamais sorti de la vie de Depardieu !

Merci à Marie-Aimée BONNEFOY pour la transcription.

    Titre : Edmond

    Réalisation : Alexis Michalik

    Adapté de la pièce homonyme d'Alexis Michalik

    Producteurs : Alain Goldman, Benjamin Bellecour et Vanessa Djian

    Sociétés de production : Légende Films, Rosemonde Films et Umedia

    Société de distribution : Gaumont

    Musique : Romain Trouillet

    Directeur de la photographie : Giovanni Fiore Coltellacci

    Direction artistique : Franck Schwarz

    Décors : Franck Schwarz

    Costumes : Thierry Delettre

    Casting : Michael Laguens

    Durée : 1h50

    Genre : comédie dramatique, film historique, biographie

    Lieux de tournage : Prague

    Date de sortie : 9 janvier 2019

Distribution

    Thomas Solivérès : Edmond Rostand

    Alexis Michalik : Georges Feydeau

    Clémentine Célarié : Sarah Bernhardt

    Olivier Gourmet : Constant Coquelin

    Mathilde Seigner : Maria Legault

    Benjamin Bellecour : Georges Courteline

    Nicolas Briançon : Jules Claretie

    Lucie Boujenah : Jeanne d'Alcie

    Igor Gotesman : Jean Coquelin

    Tom Leeb : Leo Volny

    Simon Abkarian : Ange Fleury

    Marc Andréoni : Marcel Fleury

    Jeanne Arènes : Jacqueline

    Alice de Lencquesaing : Rosemonde Gérard

    Jean-Michel Martial : Monsieur Honoré

    Dominique Pinon : Lucien

    Blandine Bellavoir : Suzon

    Guillaume Bouchède : Le Bret

    Hélène Babu : Mère Rose

    Antoine Duléry : l'arrogant

    Olivier Lejeune : le vieux cabot

    Lionel Abelanski : l'huissier

    Bernard Blancan : le client raciste

    Sophie de Furst : la collègue de Jeanne

    Marc Citti : le réceptionniste

    Dominique Besnehard : le Directeur de la Renaissance