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affiche Django

Django

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Un film de Étienne Comar ,
Avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya,

Genre : Biographique
Durée : 1h55
France

En Bref

« C’était un temps déraisonnable. On avait mis les morts à table. On faisait des châteaux de sable. On prenait les loups pour des chiens. Tout changeait de pôle et d’épaule » Aragon.

 La France n’était plus que le son d’une langue venue de Germanie et le bruit des bottes battant le pavé où la nuit, les ombres se sauvaient. Dans le silence, des corps perdus, la folie semblait gagner les cœurs, se taire à jamais et courber l’échine devenait mauvais signe. On chassait l’autre, l’étranger, pour le jeter dans des wagons en partance pour le néant où les sombres jours attendaient les humains. Dans la cohue des cris, accroché à sa musique comme unique amarre pour ne pas voir ou mourir, Django, chaque soir joue.

Il laisse la guitare l’emporter sur des rives où la peur et la mort ne sont plus que des îles perdues dans le lointain. Aux Folies Bergère, son swing entraine la foule dans ces lieux magiques où elle ne pense plus à la noirceur du dehors. Tout est en passe de changer quand on lui propose de divertir la horde dans sa capitale, à Berlin. Il n’a plus d’autre choix que de fuir, d’autant que la répression se fait plus menaçante. Il choisit de passer la frontière pour la Suisse et après, plus loin peut-être. C’est à Thonon-les-Bains que tout se joue et que la musique le rattrape dans le camp de son peuple. Il doit de nouveau donner un concert pour les loups de Germanie et permettre à des résistants de sauver une âme. N’est-ce pas le dernier concert de trop ?


Le producteur et scénariste à succès Étienne Comar, « Des Hommes et des Dieux » de Xavier Beauvois passe derrière la caméra pour un film émouvant, entre biographie et fiction autour de Django. Il s’appuie sur le roman Folles de Django chez Robert Laffont d’Alexis Salatko, coscénariste, pour aborder différentes thématiques autour de cette période sombre. Il choisit la vérité, évitant la complaisance et le mélodrame larmoyant pour raconter un artiste pris dans la tourmente et le chaos. Django ne vit et ne voit que sa musique, c’est peut-être une façon de supporter l’indicible. Comme de nombreux musiciens, il quête la note parfaite que l’on retrouve à la fin, dans son requiem composé à la mémoire du génocide de son peuple. Dans sa première partie, c’est donc une figure concentrée, envahie par sa musique. Il dit à un de ses musiciens : « joue comme du velours » dans un monde hurlant au dehors.

Il ne fait aucune concession à son art. Cet inventeur du jazz manouche passe outre et continue à gratter des rythmes interdits. Il ignore, ou ne voit pas, la tempête qui déporte son peuple et d’autres dans des wagons à bestiaux pour des camps d’où ils ne reviendront pas. C’est en quelques phrases ou situations que le réalisateur dévoile le monde gris au-delà des lumières de la scène. Il inscrit ainsi, de façon subtile, le récit personnel dans la grande histoire. Tout bascule quand le docteur jazz, responsable de la musique et passionné de jazz, le force à partir pour jouer à Berlin. La fuite demeure sa seule option. C’est aidé par son amie Louise de Clerk, personnage composé de plusieurs figures de la résistance et brillamment interprété par Cécile de France, qu’il se retrouve sur les rives du lac Léman pour tenter de passer en Suisse. Dans son exil et sa cache, il ne peut s’empêcher de jouer et son talent est repéré de nouveau par les Allemands. Ils ignorent que sous leurs yeux, dans ce petit café, se cache le grand Django. C’est au contact de ses frères gitans qu’il découvre toute l’ampleur du drame. C’est ici que naissent les premières notes de son unique requiem, perdu à jamais.

Nous découvrons une des plus belles séquences où un nazi met sur le dos de la musique de Django la folie de l’orgie d’une soirée organisée par les SS. Reda Kateb, acteur minutieux, compose un Django parfait, musicien il a suivis des cours spéciaux pendant un an. Il dévoile toute la subtilité et les doutes du personnage qui évolue au cœur du récit. En choisissant de ne prendre qu’un moment de la vie du compositeur, le réalisateur évite de se perdre dans le trop. En se basant sur cette période particulière, il cerne le talent de Django, cette dextérité particulière dans le jeu des accords. Il touche à l’évolution musicale qui, prenant conscience de ce que vit son peuple, atteindra le sommet de son art avec ce requiem perdu. C’est un beau film qui cerne l’essentiel et nous interroge sur la place de l’artiste en temps de guerre, refuser de jouer ou, par son talent, effacer un instant les nuit et brouillard extérieurs ?

Si vous souhaitez prolonger la découverte de Django Reinhardt, nous vous conseillons deux livres : Folles de Django chez Robert Laffont d’Alexis Salatko et Django Reinhardt le génie vagabond  de Noël Balen aux Editions du Rocher.

Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
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Edition :


•  Titre original : Django

    •       Titres provisoires : Django Melodies et Swing 441

    •       Réalisation : Étienne Comar

    •       Scénario : Étienne Comar et Alexis Salatko, d'après le roman Folles de Django d'Alexis Salatko

    •       Décors : Olivier Radot

    •       Costumes : Pascaline Chavanne

    •       Photographie : Christophe Beaucarne

    •       Montage : Monica Coleman

    •       Musique : Warren Ellis

    •       Production : Olivier Delbosc et Marc Missonnier ; Étienne Comar (coproducteur)

    •       Sociétés de production : Fidélité Productions ; Arches Films (coproduction) ; Moana Films, Curiosa Films, Pathé, France 2 Cinéma, Rhône-Alpes Cinéma, avec la participation de Canal+, Ciné+, France Télévisions, région Auvergne-Rhône-Alpes (associés) ; Île-de-France et du CNC (soutien)

    •       Société de distribution : Pathé Distribution (France)

    •       Pays d'origine : France

    •       Langue originale : français

    •       Format : couleur

    •       Genre : biographie

    •       Dates de sortie : 26 avril 2017

Distribution

    •       Reda Kateb : Django Reinhardt

    •       Cécile de France : Louise de Klerk

    •       Beata Palya : Naguine

    •       Bimbam : Négros

    •       Gabriel Mirété : La Plume

    •       Johnny Montreuil : Ninin (Joseph Reinhardt)

    •       Vincent Frade : Tamtam

    •       Raphaël Dever : Vola

    •       Patrick Mille : Charlie Delaunay

    •       Àlex Brendemühl : Hans Biber

    •       Ulrich Brandhoff : Hammerstein

    •       Jan Henrik Stahlberg (de) : Dietrich/Doctor Jazz

    •       Pierre-Marie Schneider : Chef de la Gestapo

    •       Antoine Laurent : Chef de la Résistance

    •       Hugues Jourdain : Rossignol

    •       Hono Winterstein : Toto Hoffman

    •       Aloïse Sauvage : Femme de la Résistance

    •       Esther Comar : Stella

    •       Maximilien Poullein : le soldat Billard