Cine-Region.fr
affiche Blade Runner  2049

Blade Runner 2049

___

Un film de Denis Villeneuve ,
Avec Ryan Gosling, Harrison Ford, Jared Leto,

Genre : Science-fiction
Durée : 2h45
États-Unis

En Bref

« Ainsi couché jusqu’aux aurores, je compte les moutons électriques. Jamais ne rêve l’androïde, car dès qu’il entre en transe, il s’y tord. Oh ! Que je déteste la nuit ! » La vie, l’univers et le reste, de Douglas Adams

 Dans le champ des galaxies infinies, nous nous sommes perdus au cœur des utopies, seigneurs de misère se prenant pour Dieu. Sur terre, suite à la révolte des « réplicants », l’officier K, nouveau modèle de Blade Runner, se charge de la traque des derniers rebelles. Dans sa quête, il tombe sur un secret qui pourrait bouleverser l’ordre du monde. La frontière entre la vie et la création serait aussi mince que le fil de l’horizon. La société n’a pas beaucoup changé depuis la fuite de Rick Deckar, son prédécesseur. La brume semble avoir recouvert le monde d’un voile cachant un mystère bien plus profond. C’est au cœur de la nouvelle fabrique de réplicants dirigée par Néander Wallace que se trouve le fil d’Ariane. Il le conduira dans les décharges de la ville et au cœur des rêves les plus profonds. Lui revient en mémoire un souvenir, réel ou fabriqué ? C’est un petit cheval de bois dans un monde où les arbres et les animaux de chair ont disparu. Les robots rêvent-ils toujours de moutons électriques ? Peu à peu, la traque ouvre la porte à une autre réalité, un danger pour l’humanité, un don de dieu donné au réplicants qui bouleverserait l’ordre du monde. La piste le conduit dans la zone interdite, contaminée par les radiations. Il trouve dans ce monde de statues de pierre gigantesques, arrogance des humains figés par une Méduse de chimère. Il découvre un homme du passé qui pourrait bien lui donner les clefs pour comprendre ce mystère d’aujourd’hui. En bout de course, il trouvera aussi un nom, Joe.


Denis Villeneuve inscrit son histoire comme un prolongement du Blade Runner de Ridley Scott qui nous interrogeait déjà sur nous-mêmes. Blade Runner 2049 continue d’explorer la question centrale du roman de Philippe K Dick : Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?Dans le livre, les animaux ont disparu et un flic rêve, grâce à sa prime, de remplacer son mouton électrique par le must, un vrai. Qu’est-ce que l’humain ? Pouvons prétendre à nous prendre pour Dieu en recréant la vie à travers les réplicants ? Rapidement nous distinguerons le robot, être de métal, à la forme informelle, l’androïde, robot à forme humaine, aujourd’hui les scientifiques lui préfèrent le terme d’anthropoïde. Nous rajouterons le cyborg, un humain modifié par des dispositifs cybernétiques, Robocop. Les réplicants appartiennent plutôt à une autre catégorie, celle des êtres génétiquement modifiés. Denis Villeneuve répond à cette question responsable de nombreux débats animés à la sortie du premier.

Dans une scène, Niander Wallace, responsable de la création des réplicants, accouche littéralement de sa créature. Elle sort d’un sac de plastique enrobé d’un liquide, le plasma de la mère, qu’il nettoie. L’enquête de l’officier K, amoureux d’une image virtuelle, est de répondre à la question existentielle de la création, la procréation. C’est la recherche du vivant, de la famille, avec la rencontre avec ces orphelins déchus, perdus au cœur de montagnes de déchets de notre humanité. L’homme à l’image du créateur reproduit et modifie sa créature, mais il ne peut lui donner le don ultime, la procréation. C’est la recherche de Niander Wallace, nouveau Dieu dans sa tour au-dessus du monde. Le film prend donc une forme mélancolique, à l’image de cette magnifique scène du premier Blade Runner. C’est celle de la confrontation de Rick Deckard et Roy Batti  en haut d’un gratte-ciel, avec la pluie qui tombe, une colombe à la main.

Nous retrouvons ce magnifique dialogue, en partie improvisé par Rutger Hauer. C’est dans cet esprit que s’étire avec une lenteur contemplative le film de Denis Villeneuve. Les statues de la fin, immenses figures humaines de métal ou de pierre figées par une méduse imaginaire dans un no man’ land radioactif. Qu’est-ce qui fait de nous des « sacs d’os et de chair puants », comme le dirait le maitre zen. Est-ce cette faculté de donner à notre tour la vie ? Une question semble absente, celle de l’âme. Si nous regardons entre les lignes, dans la trame du temps, nous nous apercevons qu’elle reste encore d’actualité. Elle est reprise par K, devenu Joe, qui possède du coup peut-être une âme, ou prend conscience qu’un être né de la génétique est un humain. C’est toujours votre regard qui trahit votre humanité ou votre appartenance à une autre catégorie. Nous reviendrons dans un article plus détaillé sur les nombreuses pistes que nous propose le film, mais voilà déjà une première route qui animera vos sorties de salle, comme les nôtres en 1982.

Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
Support vidéo :
Langues Audio :
Sous-titres :
Edition :


•  Titre original : Blade Runner 2049

    •       Réalisation : Denis Villeneuve

    •       Scénario : Hampton Fancher et Michael Green, sur une idée d'Hampton Fancher et Ridley Scott, d'après les personnages créés par Philip K. Dick

    •       Décors : Dennis Gassner

    •       Costumes : Renée April

    •       Photographie : Roger Deakins

    •       Musique : Hans Zimmer et Benjamin Wallfisch

    •       Production : Andrew Kosove, Broderick Johnson, Ridley Scott, Bud Yorkin et Cynthia Sikes Yorkin

    •       Sociétés de production : Alcon Entertainment, Columbia Pictures, Scott Free Productions, 16:14 Entertainment, Thunderbird Films et Torridon Films

    •       Sociétés de distribution : Warner Bros. (États-Unis), Sony Pictures Releasing France (France)

    •       Budget : 185 millions de dollars

    •       Pays d’origine : États-Unis

    •       Langue originale : anglais

    •       Genre : science-fiction

    •       Durée : 163 minutes1

    •       Dates de sortie2 : 4 octobre 2017

Distribution

    •       Ryan Gosling (VF : Alexis Victor ; VQ : Frédéric Paquet) : officier K du LAPD/Joe

    •       Harrison Ford (VF : Richard Darbois ; VQ : Mario Desmarais) : Rick Deckard

    •       Ana de Armas (VF : Juliette Allain ; VQ : Kim Jalabert) : Joi

    •       Robin Wright (VF : Juliette Degenne ; VQ : Anne Dorval) : lieutenant Joshi

    •       Jared Leto (VQ : Benoit Éthier) : Neander Wallace, un fabricant de réplicants

    •       Sylvia Hoeks (VF : Audrey Sourdive ; VQ : Laurence Dauphinais) : Luv

    •       Mackenzie Davis (VQ : Mylène Mackay) : Mariette

    •       David Bautista (VF : Jean-Alain Velardo ; VQ : Sylvain Hétu) : Sapper Morton

    •       Carla Juri (VQ : Rachel Graton) : Dr Ana Stelline

    •       Lennie James (VF : Paul Borne ; VQ : Patrick Chouinard) : M. Cotton

    •       Hiam Abbass (VQ : Hélène Mondoux) : Freysa

    •       Barkhad Abdi : Doc Badger

    •       Tómas Lemarquis : l'employé de Luv

    •       Edward James Olmos (VF : José Luccioni ; VQ : Benoit Rousseau) : Gaff

    •       Wood Harris : Nandez

    •       David Dastmalchian : Coco

    •       Sean Young : Rachael (Archives / motion capture / CGI)