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affiche BlacKkKlansman

BlacKkKlansman

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Un film de Spike Lee ,
Avec John David Washington, Adam Driver, Topher Grace,

Genre : Biographique
Durée : 2h16
États-Unis

En Bref

L’inspecteur Ron Stallworth est le premier flic afro-américain de Colorado Springs. Dans un premier temps, il est relégué au sous-sol aux archives et pièces à conviction. Muté au service des renseignements, il téléphone au Ku Klux Klan local se faisant passer pour un Américain porteur des valeurs profondes de la suprématie blanche. Enthousiasmé par son discours et la bonne volonté de ce nouveau membre, il se voit accorder un rendez-vous avec les adeptes locaux. Petit problème, il ne passera pas inaperçu au sein des membres du Klan. Qu’importe, c’est un autre flic d’origine juive, Flip Zimmerman qui prend sa place. Le Ku Klux Klan accueille dans ses locaux tout ce qu’ils détestent. Flip pour l’apparence et Ron pour la voie pénètrent donc l’organisation. Ron Stallworth se retrouve même soutenu par le grand sorcier lui-même pour la place de président de Colorado Springs.  Les deux compères aidés par l’équipe des inspecteurs de Colorado Springs soulèvent un lièvre avec cette cellule qui ne se contente pas de clamer sa haine. Quand le Klan s’apercevra du subterfuge, nos deux hommes risqueront gros, mais auparavant ils auront porté un coup fatal à la haine et au racisme.


Spike Lee se base sur la vraie histoire de Ron Stallworth pour BlacKkKlansman. Il trouve l’histoire à sa mesure pour dénoncer la dérive d’un pays, une Amérique négationniste et raciste. Il ouvre BlacKkKlansman sur le discours d’un membre important du Ku Klux Klan faisant froid dans le dos. Il le clôt par la manifestation « Unite the Right » à Charlottesville. Le militant suprémaciste blanc James Alex Fields fonce dans la foule pacifique. Heather Heyer trouve la mort, la dernière image s’achève sur la réaction du président américain Donald Trump. Le réalisateur balaie plus de cinquante ans de lutte contre le racisme, du mouvement des Droits civiques à l’arrivée de Donald Trump. Il montre que la situation est loin d’avoir évolué et qu’avec l’arrivée du nouveau président, elle est de plus en plus tendue, proche de l’explosion. Il émet la théorie d’un président du KKK après un président noir à la Maison Blanche. À entendre certains discours limite de Trump, et les propos de ses collaborateurs, on peut penser qu’il n’est pas loin d’avoir raison. Un président raciste à la Maison Blanche est déjà une certitude.

Il prend deux films emblématiques, Naissance d’une nation de D. W. Griffith qui relance le KKK qui avait presque disparu et un personnage d’Autant en emporte le vent. Le deuxième s’inspire du premier et le détrône de sa première place. C’est peut-être un moyen pour Spike Lee de rejoindre l’historien Steven Mintz de l’université de Houston. Il résume le message de Naissance d’une nation par : « la Reconstruction a été une catastrophe, les Noirs ne pourraient jamais être intégrés dans la société blanche d’égal à égal. ». On ne peut rien changer de l’intérieur on ne peut pas être noir et américain. Elle devient la question centrale du film, l’intégration des Afro-Américains est- elle possible ? La dernière image est peut-être une réponse. Ron Stallworth dévoile la supercherie au grand sorcier. Autour de lui, l’équipe composée de Flip Zimmerman et des autres inspecteurs éclate de rire Il nous offre des scènes admirables comme la double lecture le discours d’un témoin du meurtre de Jesse Washington et en écho un discours eugéniste du grand sorcier blanc.

À elle seule, cette séquence dévoile le cœur du film et toute la difficulté de l’Amérique pour construire un monde solidaire et réconcilié. Spike Lee revendique son identité afro-américaine. Il soulève les problèmes sociaux et identitaires des minorités dans ses films. Son œuvre est souvent polémique comme Nola Darling n’en fait qu’à sa tête (1986), Mo' Better Blues (1990), ou Malcolm X (1992). Dans BlacKkKlansman : J’ai infiltré le Ku Klux Klan, la mise en scène se construit autour d’un discours juste. Il soulève la question d’une Amérique minoritaire, mais nauséabonde ayant le droit à la parole. Il interroge sur la liberté de celle-ci. Derrière le bon polar se cache une réflexion plus profonde et multiple d’un Spike Lee au meilleur de sa forme nous offrant du grand cinéma. 

 Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
Support vidéo :
Langues Audio :
Sous-titres :
Edition :


    •       Titre original : BlacKkKlansman

    •       Titre français : BlacKkKlansman : J'ai infiltré le Ku Klux Klan

    •       Titre québécois : Opération infiltration1

    •       Réalisation : Spike Lee

    •       Scénario : Spike Lee, David Rabinowitz, Charlie Wachtel et Kevin Willmott, d'après l'ouvrage éponyme de Ron Stallworth

    •       Décors : Curt Beech

    •       Costumes : Marci Rodgers

    •       Photographie : Chayse Irvin

    •       Montage : Barry Alexander Brown

    •       Musique : Terence Blanchard

    •       Production : Jason Blum, Spike Lee, Raymond Mansfield, Sean McKittrick, Jordan Peele et Shaun Redick

    •       Sociétés de production : Blumhouse Productions, Monkeypaw Productions, 40 Acres & A Mule Filmworks, QC Entertainment et Legendary Entertainment

    •       Sociétés de distribution : Focus Features (États-Unis), Universal Pictures International (France)

    •       Pays d'origine : États-Unis

    •       Langue originale : anglais

    •       Format : couleur

    •       Genre : comédie policière

    •       Budget : 15 millions de dollars6

    •       Durée : 135 minutes

    •       Dates de sortie :    France : 14 mai 2018 (Festival de Cannes - compétition officielle)  22 août 2018 (sortie nationale)


 Distribution

     •       John David Washington (VF : Jean-Baptiste Anoumon ; VQ : Alexandre Fortin) : l’inspecteur Ron Stallworth

    •       Adam Driver (VF : Valentin Merlet ; VQ : Adrien Bletton) : Flip Zimmerman

    •       Laura Harrier (VF : Déborah Claude ; VQ : Marie-Evelyne Lessard) : Patrice Dumas

    •       Topher Grace : David Duke

    •       Corey Hawkins (VF : Diouc Koma ; VQ : Philippe Martin) : Stokely Carmichael / Kwame Ture

    •       Jasper Pääkkönen (VF : Jérôme Pauwels ; VQ : Louis-Philippe Dandenault) : Felix Kendrickson

    •       Paul Walter Hauser (en) : Ivanhoe

    •       Ryan Eggold : Walter Breachway

    •       Ashlie Atkinson (en) : Connie Kendrickson

    •       Robert John Burke : le chef Bridges

    •       muMs da Schemer : Jabbo

    •       Damaris Lewis (en) : Odetta

    •       Michael Buscemi (es) (VF : Loïc Houdré) : Jimmy Creek

    •       Harry Belafonte : Jerome Turner

    •       Alec Baldwin : Dr. Kennebrew Beaureguard (caméo)