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affiche Jury du 44e Festival du cinéma américain

Jury du 44e Festival du cinéma américain

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Genre : Festival Cinéma

L'Actu

Cette année une fois de plus, comme le dit Bruno Barde, « Le Festival du Cinéma américain de Deauville a toujours voulu, par le choix de ses Jurés, affirmer crédibilité, légitimité, générosité et amour du cinéma.  Aussi cette édition ne dérogera pas à la règle, en se réjouissant de la qualité des personnalités qui forment ce Jury, pour qui l’art témoigne dans la création d’une puissance de vie inégalée. »

Nous ne prétendrons pas jouer les voyants et dévoiler avant l’heure un résultat sorti de notre boule de cristal. Par contre, nous pouvons tenter, avec la sensibilité des uns et des autres, de saisir une idée des prix remis. La comédienne Sandrine Kiberlain, Présidente, aura la lourde tâche de diriger les débats qui ne manqueront pas de profondeur. En 1996, elle obtint le César du meilleur espoir féminin pour En avoir (ou pas), suivi de celui de la meilleure actrice en 2014 pour 9 mois fermes. La majorité des actrices et réalisateurs de ce jury choisissent souvent, à travers leurs films ou réalisations, de renouveler leur travail en prenant de nouvelles directions.

Elle sera accompagnée de Sabine Azéma – comédienne. Elle a reçu par deux fois le César de la meilleure actrice, en 1985 pour Un dimanche à la campagne et en 1987 pour Mélo. Longtemps elle accompagna Alain Resnais dans un cinéma d’auteur, particulier et inventif. Nous croiserons de nouveau une actrice que la rédaction aime bien, Leïla Bekhti. Elle a reçu le César du meilleur espoir féminin en 2011 pour son rôle dans Tout ce qui brille. Depuis, elle donne de l’étoffe à des personnages différents pour mieux nous surprendre et enrichir sa création. Pour nous, elle représente la relève de ces actrices de caractère comme Catherine Deneuve ou Jeanne Moreau. Sara Giraudeau, comédienne d’une longue lignée tient toutes ses promesses dans son dernier rôle dans Petit paysan.

Stéphane Brizé,  réalisateur et scénariste, a reçu le César de la meilleure adaptation en 2010 pour Mademoiselle Chambon. C’est avec La loi du marché confirmé par Une vie et En guerre qu’il touche au cinéma-vérité cher à Claude Lelouch et à une nouvelle génération parmi laquelle Hubert Charuel. Xavier Legrand Réalisateur, scénariste, comédien remporta à la 74e Mostra de Venise le Lion du Futur pour le meilleur Premier Film et le Lion d’Argent du Meilleur Réalisateur. Jusqu’à la garde marche dans les pas de Brizé en saisissant au plus près la vérité de ses personnages. Pierre Salvadori, réalisateur, scénariste, comédien se situe entre humour et regard social exacerbé. Il nous propose un cinéma mettant l’accent sur les gens ordinaires dans des situations qui ne le sont pas. Pour compléter ce jury, un compositeur à la note magique, Alex Beaupain et une romancière, Leïla Slimani, prix Goncourt 2016 pour son deuxième roman, Une chanson douce.

 C’est donc un cinéma de l’instant, du vivant, de la parole vraie, inscrit dans la vie de tous les jours que notre jury pourrait privilégier. C’est un film vérité qui se remet en question, innove, et donne la part belle à ses acteurs pour nous raconter combien le quotidien devient essentiel. Nous verrons bien, le 8 septembre, si notre perception était la bonne.

  Un autre jury décernera le prix de la révélation. Ce dernier privilégie la fidélité à la découverte, au goût, à la qualité, à la recherche de l’œuvre et à l’indépendance. C’est autant de valeurs que réunissent le Festival du Cinéma américain de Deauville et la Fondation Louis Roederer. Pour présider celui-ci, c’est Cédric Khan que nous avions rencontré pour La prière, derrière le chemin de la foi se cachait un autre plus profond sur ce que nous souhaitons devenir. Pour l’accompagner, nous retrouverons avec plaisir le jeune garçon assoiffé de cinéma venu faire son premier stage chez nous, Hubert Charuel. Il est le réalisateur de Petit paysan, un premier film marquant, confirmant un cinéma du vivant et de l’instant avec un soupçon de poésie. Les nombreux prix glanés dans les festivals et aux Césars, confirme ce que nous avions pressenti. Deux comédiens François Civil, Karim Leklou, et une comédienne, Kate Moran, issus de la jeune génération rejoignent le reste de l’équipe. Nous pourrions reprendre les arguments cités plus haut pour le grand jury, à savoir la remise en cause à chaque rôle de son travail pour avancer et construire une galerie de personnages multiples. C’est encore un cinéma de la vérité que l’on retrouve chez les réalisateurs ou chez les comédiens qui devraient mettre en avant un auteur et une œuvre prometteuse.

 Il reste deux prix, Michel D’Ornano — Valenti créé en 1991 par les compagnies membres de la Motion Picture Association (MPA) – association regroupant six studios de production et de distribution de films américains. Il est dédié à la mémoire de l’ancien ministre, maire de Deauville et cofondateur du Festival du Cinéma américain. Il récompense un premier film français, dans le but d’aider à sa reconnaissance, sa promotion et son exportation. En 2015, il est rebaptisé Prix d’Ornano-Valenti en hommage conjoint à Jack Valenti, initiateur de celui-ci.

Il est décerné cette année au film, Les chatouilles, réalisé par Andréa Bescond et Éric Métayer. La découverte du prix est à chaque fois une surprise agréable pour les journalistes et le public. Pour finir, celui du roman est décerné cette année à un habitué de l’adaptation cinématographique, John Grimsan pour Le cas Fitzgerald paru chez Lattès. Ce sera l’occasion de redécouvrir sur grand écran : La Firme de Sydney Pollack (1993), avec Tom Cruise, L’Affaire Pélican d’Alan J. Pakula (1993), avec Julia Roberts et Denzel Washington, Le Client de Joel Schumacher (1994), avec Susan Sarandon et Tommy Lee Jones, L’idéaliste de Francis Ford Coppola (1997), avec Matt Damon, ou encore The Gingerbread Man de Robert Altman (1998), avec Kenneth Branagh et Robert Downey Jr.

Patrick Van Langhenhoven